Berthe Weill, galeriste d'avant-garde, exposition au musée de l'Orangerie
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J’aime la peinture. Je me suis toujours demandée comment s’était produit le déclic, au tournant du XXème siècle, qui a conduit de jeunes artistes à basculer de l’impressionnisme à ce que nous appelons aujourd’hui l’« Art moderne » …
C’est une jeune génération de créateurs, certes, mais comment ont-ils pu tout renverser sur leur passage ? Qui a cru en eux, les a soutenus financièrement, exposés ?
On cite bien entendu le plus souvent Paul Guillaume – dont la collection est à l’origine du musée de l’Orangerie – Daniel-Henri Kahnweiler, Paul et Léonce Rosenberg, Ambroise Vollard, marchands d’art et galéristes visionnaires. On cite moins souvent Berthe Weill …
Elle fut pourtant celle qui acheté les trois premières toiles de Picasso à son arrivée à Paris en 1900, qui lui est présenté par le marchand d’art catalan Père Manach.
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Elle a ouvert une boutique d’antiquités et d’objets d’art rue Victor Massé – au pied de la butte Montmartre – en 1896. Née en 1865 et issue d’une famille modeste juive alsacienne, ses moyens sont limités. Elle transforme sa boutique qui devient la Galerie B. Weill, inaugurée en 1901.
Elle rencontre Henri Matisse, Raoul Dufy, se fait une notoriété comme découvreuse – du Fauvisme par exemple - présente Maurice de Vlaminck, André Derain, Albert Marquet, Emilie Charmy qui deviendra son amie.
A la veille de la guerre de 14, elle a présenté presque tous les protagonistes du cubisme, elle expose Diego Rivera mais aussi Robert Delaunay, Marc Chagall, André Lothe, Louis Marcoussis, Léopold Survage. En 1917, elle organise la seule exposition personnelle de Modigliani de son vivant dont les nus font scandale …
Pendant la guerre de 39-40, Berthe confie la direction de la galerie à une amie, vit cachée et dans un grand dénuement. En 1946, une vente aux enchères d’œuvres données par ses amis lui permet une retraite paisible, mais elle perd la vue.
Cette exposition m’a permis d’admirer des œuvres magistrales de grands maîtres de l’art moderne, peu reproduites car dispersées dans des musées étrangers, de découvrir des peintres que personne ne cite.
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Il faut en effet apprécier le talent et la bienveillance active de cette petite femme que ses amis peintres portraiturent sans la flatter – petite, un peu ronde, de fortes lunettes sur le nez, coiffure sans apprêt – cette découvreuse de talents engagée qui toute sa vie lutta contre le conservatisme, la xénophobie et les discriminations, avec une attention toute particulière portée aux jeunes artistes.
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A sa mort en 1951, elle a présenté plus de 300 artistes et organisé des centaines d’expositions. Il était légitime de lui offrir cette rétrospective.
Berthe Weill, galeriste d’avant-garde, au Musée de l’Orangerie jusqu’au 26 janvier – Jardin des Tuileries, ouvert tous les jours sauf le mardi, à partir de 9h, 12,50€. Exposition organisée en collaboration avec le Musée des beaux-Arts de Montréal, et le Grey Art Museum (New York University).