John Singer Sargent, ébouir Paris - exposition au musée d'Orsay
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Enfant prodige de la peinture américaine, John Sargent (Singer est le nom de sa mère) n’a pourtant jamais résidé aux Etats-Unis. Ses parents préféraient voyager en Europe et il fut formé à Dresde, Florence et surtout à Paris où il fut admis dans l’atelier de Carolus-Duran dès l’âge de 18 ans.
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Il est né en 1856 à Florence et dès l’enfance, il parle quatre langues, excelle au piano, et dès ses douze ans au dessin, à l’aquarelle et aux scènes de voyages.
Ses parents s’installent à Paris en 1874, il réussit le concours d’entrée aux Beaux-Arts.
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Entre 1877 et 1885, John Sargent expose chaque année un ou plusieurs tableaux au Salon.
Un surdoué, donc … qui va faire fortune en tant que portraitiste de la haute société d’un temps où la grande bourgeoisie d’affaires se doit de se faire croquer.
Ses peintures rencontrent le succès par le mélange de virtuosité, de sensualité et d’étrangeté.
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Ses portraits d'apparat, en grand format et grandeur nature, de ses contemporains à la mode sont autant de chefs-d’œuvres.
Par exemple celui du Dr Pozzi chez lui (1881), « l’Homme en rouge » qui inspira le roman de Julian Barnes, celui d’Edouard Pailleron, dramaturge totalement oublié aujourd’hui sauf qu’il évoque le dramatique souvenir de l’incendie du collège qui portait son nom en 1973, le petit portrait d’Auguste Rodin, celui de son maître Carolus-Duran …
Et surtout ses portraits de femmes, dans leurs plus beaux atours … C’est celui d’une de ses jeunes amies qui lui vaut son premier succès au Salon.
Mais c’est celui de Madame X – Virgine Gautreau – qui va tourner au scandale en 1884 : le public n’apprécie pas qu’elle soit représentée avec l’une de ses fines bretelles descendue, ni la personnalité d’une mondaine pourtant reconnue comme une des plus belles femmes de son temps.
La mère du modèle fait retirer le tableau, Sargent quitte Paris pour Londres en 1886.
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Il repeindra le portrait en réajustant la bretelle à sa juste place.
Fleuron du Metropolitan Museum of Art, ce tableau est présenté à Paris pour la première fois depuis 1884.
Sargent fréquente les impressionnistes, et en particulier Claude Monet, mène une campagne active pour que l’Olympia de Manet soit acquis par la France en 1889, année où lui-même reçoit une médaille d’honneur lors de l’Exposition Universelle et est fait Chevalier de la Légion d’honneur.
Une revanche éclatante après le « scandale » de Madame X.
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Son portrait de la Carmencita est acheté par l’Etat en 1892, une consécration pour un artiste qui n’a encore que 36 ans. Il meurt en 1925, déjà un peu oublié à Paris.
Il était temps – et légitime – que la France organise cette exposition en liaison avec le MoMa de New York à l’occasion du centenaire de sa disparition.
John Singer SARGENT : éblouir Paris, exposition au Musée d’Orsay jusqu’au 11 janvier. De 9h 30 à 18h, sauf le lundi. 17,50€