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Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 6 petits-enfants.
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1 octobre 2025

Je voulais vivre, roman d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre

Je n’ai découvert l’immense œuvre d’Alexandre Dumas qu’à l’âge de cinquante ans, au cours d’un même été, et justement par la lecture ininterrompue des trois époques des Mousquetaires. Et ce fut un coup de foudre jamais démenti trente ans après !

 

 

Bien entendu, je n’ignorais rien des libertés que l’auteur et son fidèle collaborateur Auguste Maquet avaient prises avec la vérité historique et surtout au sujet du portrait sinistre du Cardinal. Mais quel scénario !

Voici donc ce qu’en termes de cinéma on nous présenterait comme un « spin off », une suite dérivée d’un des personnages majeurs de l’œuvre principale, en l’occurrence une biographie de Milady de Winter, l’ange maléfique de cette saga époustouflante qui pourtant a déjà fait l’objet de multiples adaptations.

Et j’ai adoré !

Adélaïde de Clermont-Tonnerre se coule dans l’âme volontaire, résiliente et perverse de cette très jeune femme dont nous connaissons les circonstances de la mort à 26 ans, sous la hache du bourreau de Lille, après un simulacre de jugement.

Anne, le prénom qui la désigne le plus souvent, est une jeune femme dont la beauté flamboyante et la précoce intelligence lui ont valu d’immenses succès mais surtout des haines irrémissibles, en particulier de la part des hommes qui l’ont aimée et que, parfois, elle aussi, a aimés.

L’autrice nous raconte comment elle en est arrivée à cette faculté de dissimulation et de perversité criminelle que Dumas s’est plu à nous présenter.

Car elle a des excuses : celle d’une petite fille de six ans, contrainte de s’échapper dans la nuit pour fuir les assassins de sa mère et de sa nourrice – quel être humain n’en aurait-il pas été traumatisé ! - puis son enfermement dans un couvent et sa fuite à nouveau, utilisant tous les expédients à sa portée, et surtout sa beauté ensorcelante.

Ses qualités – et son origine anglaise - la font repérer par Richelieu pour devenir agent de renseignement dans la guerre secrète qu’il mène au nom du roi contre les Huguenots, l’Angleterre et l’Espagne.

Depuis ma première lecture des trois Mousquetaires, j’ai étudié les biographies de Louis XIII et Louis XIV et compris le jeu infâme joué par Gaston d’Orléans pour évincer son frère aîné ainsi que les multiples complots ourdis en liaison avec la reine Anne d’Autriche.

L’action de Milady s’y inscrit clairement … ainsi que le rôle joué par Constance Bonacieux, le personnage « blanc » face au personnage « noir ».

 

Un roman haletant, superbement écrit, qui remet en question toutes les certitudes acquises sur les personnages-clés de Dumas : d’Artagnan, Athos, Rochefort … et qui, sans la réhabiliter totalement, nous remplit d’indulgence envers cette femme qui avait tant d’atouts mais n’a pas pu ni su les jouer.

Une réflexion très actuelle sur le statut de la femme au XVIIème siècle, qui commence seulement à évoluer … encore que, pas toujours et pas partout !

 

Je voulais vivre, roman d’Adelaïde de Clermont-Tonnerre, roman édité chez Grasset, 475 p., 24€

 

Commentaires
B
Présenté à La Grande Librairie hier soir ! Excellente chronique ! Je vais le lire mais pas de suite vu... ma PAL !<br /> Je te souhaite un agréable après-midi Marie-Pierre.<br /> Amitiés.<br /> Bernadette.
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J
Merci pour cette référence bibliographique, je vais emprunter ce livre. Agréable fin de journée
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