Jacques-Louis David, biographie par David Chanteranne
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J’apprécie beaucoup les biographies, mais pourquoi avoir choisi celle-ci, celle de Jacques-Louis David (1748 – 1825), chef de file du néoclassicisme ayant dominé le XIXème siècle et dont la notoriété fut internationale jusqu’à ses derniers jours ?
Sans doute en raison de mon intérêt, à travers les livres d’Anne Villemin-Sicherman, Jean-Christophe Portes et Emmanuel de Waresquiel, pour la période mouvementée de la Révolution puis de l’Empire, qui n’épargna pas le milieu des arts.
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Car si nous avons tous en tête un ou plusieurs des grands tableaux du peintre, vus dans nos manuels scolaires ou au Louvre – Le serment du jeu de paume (inachevé), le Sacre de Napoléon, le Serment des Horaces, la mort de Marat dans sa baignoire, peu savent le rôle politique joué par cet artiste prolifique devenu le peintre officiel de la République jacobine puis du premier Empire.
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Né dans une famille de petite bourgeoisie parisienne, fils unique, il compte dans sa parentèle un grand-oncle architecte et dans sa famille maternelle plusieurs artistes.
Seule la peinture l’intéresse. Il rencontre François Boucher, un cousin de sa grand-mère, qui le recommande pour entrer dans l’atelier de Joseph-Marie Vien, précurseur du retour à l’antique, qui introduit des décors et détails d’architecture s’inspirant de l’archéologie, le « goût à la grecque ».
Le jeune David se lance en 1770 dans le circuit des concours pour le Prix de Rome. Mais la reconnaissance de son talent est difficile …
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Sans doute un des motifs de son engagement en faveur de la Révolution. Il devient le peintre officiel de la République jacobine et décorateur/organisateur de fêtes aussi fastueuses que grandiloquentes.
Proche de Robespierre, il ne ménage pas son ardeur à pourfendre les membres de l’Académie, la basse jalousie qui les anime et les moyens cruels qu’ils emploient pour étouffer les talents naissants.
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En politique, c’est un enragé. C’est lui qui soutire au dauphin l’ignoble témoignage qui condamne Marie-Antoinette dont il croque la silhouette dans la charrette.
il sera président de la Convention quelques semaines en 1794.
Mais la chute de Robespierre entraîne la sienne. Il est brièvement emprisonné mais bénéficie d’un non-lieu à la suite d’une pétition de ses élèves.
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Sa rencontre avec Bonaparte va changer le cours de sa vie.
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L’estime est réciproque. Il devient premier peintre de l’Empereur, assiste au sacre pour saisir sur le vif la cérémonie qui donnera le grand tableau archi-connu.
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Elève de Vien, maitre adulé de plusieurs générations d’artistes et en particulier Gros, Gérard, Giraudet et Ingres, cette biographie est tout à la fois une plongée dans l’histoire politique, un catalogue raisonné des œuvres, une analyse de la manière dont étaient financés les artistes renommés, les techniques de duplication des oeuvres,les débuts des expositions payantes …
Naturellement la mode des grandes compositions mythologiques passe. A vrai dire, ce n'a jamais été ma "tasse de thé" mais c'est un moment de triomphe de l'art français.
Avec le « Radeau de la Méduse » de Géricault sautent les derniers remparts de la doctrine de David : le nu désormais est proscrit, le beau rejeté, le choix des sujets antiques absolument condamné.
Contraint à l’exil à Bruxelles avec l’avènement de la Restauration, David continue à travailler et à engranger des honneurs du monde entier, tandis que la foule de ses élèves restés fidèles se démène pour obtenir son retour à Paris que le « régicide-bonapartiste » ne s’abaissera pas à quémander.
Son dernier chef-d’œuvre – à part de nombreux portraits – « Mars désarmé par Vénus et les Grâces – commencé en 1821, est un dernier hommage à ses prédilections, achevé très peu de temps avant sa mort.
Un livre qui se lit comme un feuilleton, sans oublier d’avoir à portée de main une tablette pour visualiser les tableaux, même si les principaux sont illustrés au cœur de l’ouvrage, mais dans un format qui ne permet pas d’en saisir la grandeur – à tous les sens du terme !
Jacque-Louis David, l’empereur des peintres, biographie de David Chanteranne, 332 p., 24€