Tuer est un art, polar historique de Philippe Grancoing - relecture de l'épisode 3
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Encore un épisode, Monsieur Grandcoing !
Quel plaisir de pouvoir enchaîner les enquêtes d’Hippolyte Salvignac et Jules Lerouet les unes à la suite des autres, sans devoir attendre plusieurs mois avant chaque parution ….
En attente de deux livraisons de nouveautés, je continue ma relecture avec le troisième épisode de la série. Une nouvelle énigme policière confiée en toute discrétion à la fine équipe parisienne par Georges Clémenceau, car elle semble toucher le vieil ami de celui-ci, Claude Monet.
Dans les environs immédiats du célèbre peintre qui commence à ressentir les effets de la vieillesse, des cadavres de vagabonds sont retrouvés et perturbent la maisonnée de Giverny. Au pied de la cathédrale de Rouen aussi, près de la gare Saint Lazare également.
Aucun indice, aucune piste ne relient entre eux ces morts de pauvres hères. Mais le lien ou à tout le moins la proximité avec Monet apparaît bientôt vraisemblable …
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Hyppolyte va profiter de cette enquête pour visiter en profondeur la Normandie et son patrimoine architectural, d’autant plus qu’il fait amitié avec un truculent personnage : l’auteur à succès des aventures d’Arsène Lupin : Maurice Leblanc.
Châteaux et sites médiévaux qui jalonnent la vallée de la Seine, abbayes aux ruines monumentales, paysages étonnants. Nous découvrons La Roche Guyon (pour moi aussi l’évocation d’une aventure de Blake et Mortimer), le château de Tancarville, Jumièges et Saint-Wandrille, les nymphéas de Giverny.
La recherche d’un lien et bientôt d’un auteur unique des crimes doit rester d’une totale discrétion afin de ne pas perturber le maître de l’Impressionnisme. La consigne de Clemenceau est claire … Mais Salvignac est libre de son temps et il poursuit en solo ses investigations, tout en partageant ses hypothèses avec Maurice Leblanc, un expert en la matière.
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Son intuition le conduit ainsi à un obscur village de la Creuse, Crozant, un lieu de villégiature de peintres paysagistes où Monet a brièvement séjourné au cours de sa carrière et où il a commencé à peindre des paysages en série.
Une manière pour Hippolyte de se changer les idées après sa rupture avec Adélaïde, l’amour de sa vie, qui préfère conserver son amitié et demeurer en Quercy.
Naturellement, les investigations combinées des trois « complices » Salvignac, Lerouet et Leblanc, vont permettre d’élucider l’affaire … mais toujours dans la plus stricte discrétion. La raison d’Etat prime en effet sur la vérité, au grand dam du héros de cette saga.
Pour le lecteur, une escapade dans les paysages urbains de Jean Béraud, une envie de danser dans les guinguettes de Renoir, ramer sur un esquif avec Gustave Caillebotte, parcourir les séries de toiles de Claude Monet, une occasion de sillonner les paysages normands, et pour moi de revisiter en pensée des voyages inoubliables avec Claude, lorsque nous avions encore tout le temps devant nous.
Tuer est un art, polar historique de Philippe Grandcoing, tome 3, éditions De Borée, collection Vents d’histoire, 285 p., 19,90€.