Le fer à Cuzorn, une tradition métallurgique séculaire ... et des traces.
Dans ma maison, dont les murs sont en pierres calcaires apparentes a l'extérieur comme à l’intérieur, on trouve ça et là d’étranges moellons couleur rouge foncé, voire presque noir … des moellons de minerai de fer, en fait … il s’agit de sous-d’éléments des cuirasses ferralitiques qui ont, à l’occasion, été utilisés dans les maçonneries, comme matériau de construction, au milieu des moellons calcaires du Crétacé supérieur. Il y en a un peu partout, qui affleurent, dans la région.
L’étude de la géologie locale nous explique pourquoi le minerai de fer et les argiles sont présents, en quantité, sur le territoire de ma commune d’adoption et ont permis très tôt, le développement de l’industrie. Par exemple, le site de la carrière du Tiple, tout près de chez moi, a été retenu par des scientifiques, lors de leur inventaire géologique de la France, pour représenter le Lot-et-Garonne.
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Ainsi, la vocation métallurgique des rives de la rivière Lémance, bien avant la création de l’importante usine de Fumel en 1847 sur le Lot et aujourd’hui définitivement close, date de la Renaissance … Il en reste quelques vestiges, aujourd’hui noyés dans la végétation.
Forge de Cuzorn, puis Forge de Gignoux...
Au lieu-dit actuel "La Forge"il y a une retenue d’eau sur la Lémance. Attestée en 1504, c’est une des premières Forges catalanes du département. Le Fer produit (10 t/an) avec les minerais locaux est de bonne qualité, et sert à la fabrication d’instruments aratoires ...
En 1754, Jean TRENTY de LIBOS afferme la Forge. Par la suite, l’établissement employant 5 ouvriers, est acquis par la famille GIGNOUX. En 1772 : forge à fer battu et mine de fer = 30.000 livres/an. En 1789 : forge catalane.
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En 1820, la forge comprend 1 feu de forge à la catalane, 1 martinet avec 4 marteaux et des ateliers. À la suite d’un marché avec les manufactures d’armes de TULLE et BERGERAC, la forge se dote de 2 martinets en 1826, et d’un haut fourneau avec machine soufflante mue par hydraulique en 1828. Le marché porte sur la fabrication de canons. On produit aussi de la poterie et des chaudières à sucre, exportées aux Antilles. L’usine employant 60 personnes, s’étend ensuite avec extension des ateliers et construction d’une demeure patronale.
La forge de Cuzorn devient alors la plus importante des forges au bois de la vallée de la Lémance, avec 4 à 5 tonnes de fonte par jour. À la suite de problèmes divers, GIGNOUX est mis en faillite en 1847.
En 1863, Dominique AUSTRUY achète et relance la forge qui est agrandie. Après la guerre de 1870, la production du haut fourneau est réduite aux moulage de poteries et articles divers en fonte. L’ensemble du personnel est de 40 ouvriers. Le haut fourneau, dernier de la vallée de la Lémance, s’éteint en 1930.
De 1945 à1970, installation d’une fabrique de lessive et d’eau de Javel sur le site, actuellement désaffecté.
Les beaux restes du haut fourneau, daté de 1828, de section carrée avec chaîne d’angle et encadrement des embrasures en pierres de taille, sont recouverts de végétation. Il reste des bâtiments qui servaient de bureau et d’ateliers de fabrication. La halle de stockage du Combustible est en ruines.
Forge de Pombié ... lieu-dit actuel ‘Pombié’ sur la Lémance.
En 1450, il existait une Forge seigneuriale ... En 1545, on adjoint un moulin à foulon à la Forge catalane. En 1741, un moulin à papier est installé par Antoine BEL DE LA TOUR..
En 1772 ... Forge à fer battu et mine. — Fer = 30.000 livres/an. En 1789, la Forge n’a qu’une production de 2.000 à 3.000 kg de Fer ... À cette date, forge à la catalane. Malgré son peu de rentabilité, sous la direction de la famille DELSEY, elle continuera à fonctionner jusqu’en 1874, fournissant des outils aux agriculteurs de la région.
Forge de Ratier ...
Au lieu-dit "Ratier", sur la Lémance, au nord de Cuzorn.
Une forge catalane y existait au 15ème siècle. Par la suite, un moulin à blé s’y ajouta. La forge, propriété de la famille BALLANDE, produisait de l’outillage agricole. Elle s’arrêta en 1822. Un moulin à papier y fonctionna jusqu’en 1900.
De 1921 à 1937, une usine de chaux et ciments occupa les lieux, ensuite s’y installa l’usine de parquets MARTY, aujourd’hui, j’ai cru voir que le site est occupé par un établissement commercialisant des bennes (actuellement sans activité).
Source : Association Le Savoir Fer 7, rue du Parc, 57290 SERÉMANGE – courriel : ass.le.savoir.fer@free.fr