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Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 6 petits-enfants.
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20 mai 2026

Les illusions orientales, polar historique de Philippe Gandcoing - relecture

Au cours de cette relecture de la huitième enquête du duo Hippolyte Salvignac – Jules Lerouet, j’ai volontairement laissé au second plan l’intrigue policière pour me focaliser sur le cadre historique et politique des deux guerres des Balkans, largement et clairement évoqué dans le roman.

Car les antagonismes qui règnent encore entre les peuples de cette région constamment perturbée, devenus indépendants de l’Empire Ottoman au cours du XIXème siècle, ont violemment impacté l’Europe occidentale. Et continuent sans doute aujourd’hui à instiller des réactions épidermiques dans les mouvements politiques de l’Europe orientale, que nous avons bien du mal à comprendre sans en connaître le terreau historique.

Il n’est que d’observer les changements qui affectent certains de ces pays de l’Europe orientale de nos jours, parfois dans le sens d’une consolidation de la démocratie, parfois en sens inverse.

Le roman de Philippe Grandcoing se situe à l’été 1913. Il retrace le périple des deux héros, accompagnant le cousin Anatole du père d’Hippolyte en Méditerranée, vraisemblablement pour un dernier voyage du vieil homme qui a souhaité revoir l’Egypte où il a vécu une grande partie de sa vie aventureuse.

Leur parcours a aussi pour objectif – ou prétexte - de retrouver le père disparu de Jules, dont une information parvenue à Anatole Salvignac le situe à Obock, sur la côte française des Somalis sur la rive est du golf d'Aden, au débouché du détroit de Bab-el-Mandeb, où il est devenu un prospère négociant – notamment en armes et en perles. Hélas, le trio arrive à Djibouti une semaine après le décès de ce père devenu musulman et prénommé Botros, qui aurait légué par testament à son fils laissé en France, une part de son héritage.

Une quête des origines, qui ont pourri la vie de l’ex-inspecteur Lerouet, contraint de quitter la Sureté après le drame de l’assassinat de sa femme.

Une occasion pour l’auteur de retracer les tares fondamentales du système colonial fondé sur la hiérarchie des races, un concept pourtant profondément ancré dans la mentalité de l’époque mais que rejettent les deux enquêteurs improvisés.

Une enquête qui les conduit ensuite à Istamboul au seuil d’une nouvelle guerre avec les peuples que l’empire ottoman a depuis des siècles conquis, mais qui ne rêvent que de reconquête, malgré – ou à cause – des manœuvres des grandes puissances : l’Angleterre, la Russie, l’Allemagne, la France …

L’auteur prend la peine d’expliquer les différentes relations entre les uns et les autres, les renversements d’alliances, les positions respectives de la Grèce, la Serbie, l’Albanie, le Montenégro, la Bulgarie, la Roumanie, la lutte pour la reconquête de la Macédoine et  de la partie européenne restante de l’empire ottoman – Andrinople aujourd’hui Edirne – les mauvaises solutions des traités de paix clôturant la première guerre balkanique, le départ d’un nouveau conflit initié par la Bulgarie …

La région est en ébullition, prémices de l’attentat de Sarajevo, qui va moins d’une année plus tard précipiter le monde dans la Grande Guerre.

 

Avec en prime, pour moi, de longues promenades dans les quartiers d’Istamboul, souvenir de plusieurs de mes voyages dans cette capitale fascinante.

Pour aller plus loin : lire les crises d’Orient 1 et 2, par Henry Laurens.

 

Les illusions orientales, polar historique de Philippe Grancoing, collection « Vents d’histoire » De Borée éditeur, 298 p., 20,90€

Commentaires
J
Merci pour cette référence bibliographique. Agréable journée
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