My absolute Darling, roman de Gabriel Tallent
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Ce premier roman d’un jeune auteur – 30 ans – a aussitôt été qualifié de chef d’œuvre par la critique américaine. Je n’irai pas jusque là, mais c’est effectivement un ouvrage qui ébranle, dérange, envoûte et émeut profondément le lecteur.
Le style, fait de descriptions de la nature envahissante, de ces liens végétaux qui enserrent les protagonistes, comme autant de tiges de volubilis inextricables ou racines qui transpercent jusqu'au béton, dans une relation père-fille inavouable, exclusive et mortifère.
Un couple infernal : Martin est un géant survivaliste et fanatique d’armes à feu de tous calibres, dont il a enseigné tous les secrets de fonctionnement à Turtle, sa fille de quatorze ans et ainsi que le maniement, l’art de viser et d’atteindre la cible à coup sûr et dans n'importe quelle position.
Turtle, l’héroïne centrale, s’appelle en réalité Julia. Sa mère a depuis longtemps disparu, noyée ??? On ne sait. Elle vit désormais avec ce père hors norme, qui lit la philosophie et les auteurs classiques et la considère comme sa propriété exclusive, jusqu’à abuser d’elle.
Elle qui l’aime et le hait à la fois. Mais c’est un processus classique et complexe d’emprise.
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Tout bascule lorsque Turtle rencontre Jacob, un jeune homme de son âge, un copain de lycée, qui vit tout près, dans une superbe maison perchée sur la dune. C’est la petite ville de Mondecino, en Californie du Nord, le pays des séquoias géants, le delta de la rivière, les rouleaux de l’océan tout porche où surfer à l’aube.
On sait que cela va mal finir … mais on admire la résilience et le courage de cette jeune fille, qui ne cesse de se dévaloriser elle-même alors qu’elle survit à des épreuves extrêmes, à la stupéfaction des adultes qui la côtoient.
Un texte âpre, cruel, difficile, qui vous laisse un goût de sang dans la bouche, avec au cœur la description plus réaliste que dans le meilleur film, la scène du combat final.
A ne pas mettre entre les mains de personnes déprimées …
My absolute Darling (2017) roman de Gabriel Tallent, traduit de l’américain par Laura Derajinski, aux éditions Gallmeister, 452 p. 24,40€