Dans le flou, exposition au musée de l'Orangerie
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Une exposition déconcertante … Son sous-titre précise cependant : une autre vision de l’art de 1945 à nos jours.
Le flou n’est pourtant pas une invention des artistes du XXème siècle. Sans remonter au sfumato de Léonard, c’est surtout William Turner – l’un de ses tableaux se trouve tout de suite à droite de l’entrée - qui nous l’a fait découvrir, et bien entendu Renoir à la fin de sa vie, et magistralement Claude Monet avec ses nymphéas.
C’est d’ailleurs cette œuvre étonnante que les touristes du monde entier viennent admirer en foule au musée de l’Orangerie. Et pour leur prolongement naturel, il suffit de descendre quelques marches …
Le flou culmine ainsi avec les Impressionnistes, la figure se dissout, tout comme l’éprouve aussi le photographe maladroit de cette technologie émergente.
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« En jouant des effets du flou, les artistes questionnent nos modes de perception, proposent de revenir à la source du regard, et nous poussent à nous défaire d’une lecture univoque du réel. »
Très intellectuel, tout ça, non ?
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On nous rappelle que c’est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que se déploie la dimension proprement politique de l’esthétique du flou, face à l’impossibilité de représenter l’irreprésentable : l’horreur des crimes et dévastions de la guerre.
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On retrouvera cette même logique dans des œuvres représentant des dévastations urbaines, qui ne restent que trop actuelles.
Le monde est fou, l’identité est floue à l’image de ce miroir de Bertrand Lavier recouvert de gel où je ne suis pas parvenue à me regarder … Le monde est abstrait, l’art pour le regard évanescent …
Un cheminement incertain parmi les œuvres d’artistes reconnus : tiens ! Un petit tableau d’Yves Klein qui n’est pas bleu mais ocre, une barre sombre sur un fond céruléen d’Hans Hartung, et une fantastique collection de photographies « bougées » … histoire de nous ramener vers la réalité d’un avenir essentiellement incertain.
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Commissariat : Claire Bernardi, directrice, musée de l’Orangerie, Emilia Philippot, conservatrice en chef, adjointe à la directrice des études, Institut national du patrimoine, en collaboration avec Juliette Degennes, conservatrice, musée de l’Orangerie.
Dans le flou, une autre vision de l’art de 1945 à nos jours, exposition au musée de l’orangerie, Jardin des Tuileries, jusqu’au 15 août à Paris, ensuite à Madrid puis Barcelone. Fermé le mardi. 12,50€