1814 - Typhus, roman historique d'Anne Villemin-Sicherman
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Dernier jour de 1813 à Metz.
Les débris de la Grande Armée, les survivants de la campagne de Russie - défaite à Leipzig par la coalition (Autriche, Prusse, Saxe, Russie et Suède) affluent par charrois entiers à l’abri des murs de la ville fortifiée. Blessés, mourants et cadavres mêlés. Il faut trier ceux qui ont encore une chance de survivre, enterrer les morts. Les chirurgiens opèrent sans trêve. Le typhus, cette fièvre des camps, des prisons et des populations sous-alimentées se répand dans la ville où les habitants sont requis pour loger les soldats valides …
Victoire Montfort, en plus de sa charge de sage-femme, participe au tri des victimes et aux soins des malades installés dans tous les espaces disponibles, jusqu’à épuisement. Et à l’occasion aussi, elle pratique des autopsies.
Lors de la découverte du corps d’une jeune prostituée trépanée et marquée au fer rouge d’un as de trèfle à l’épaule - car ce n’est pas la première - elle va naturellement seconder son mari, le commissaire Albert Montfort, pour aider à découvrir le criminel en série qui s’en prend à ces jeunes femmes de façon aussi inhumaine.
La terreur s’empare de la ville, que les Russes ont bientôt entrepris d’assiéger. Heureusement, ils vont avoir face à eux un défenseur chevronné en la personne du général François Durutte qui va galvaniser les responsables locaux et mettre la ville non seulement en état de défense, mais aussi ménager des sorties afin de ramener de quoi faire vivre les réfugiés accourus entre les murs de la cité fortifiée.
Victoire se montre à la fois courageuse et même téméraire, dure au mal, infiniment consciente de ses devoirs envers ses patientes et sa patrie, dotée de capacités d'observation et de déduction exceptionnelles et donc, parfois, en désaccord avec son mari.
Une nouvelle aventure de la sage-femme-enquêtrice dans un ambiance de bombardements angoissante, avec le plaisir de retrouver des héros déjà rencontrés dans les deux précédents épisodes, une enquête particulièrement complexe en cette époque de guerre, de crainte d’une prochaine occupation, et de basculement de l’autorité de l’Etat quelques semaines avant la première abdication de Napoléon et le retour de Louis XVIII sur le trône.
J’apprécie toujours autant la mise en scène simultanée des figures historiques et des personnages de fiction, avec en prime des explications médicales parfaitement accessibles au lecteur.
Un nouvel ouvrage particulièrement réussi, que je n’ai pas lâché jusqu’à sa dernière page.
1814 - Typhus, roman historique d’Anne Villemin-Sicherman, éditions 10/18, 403 p. 16,90€