Jean Christophe RUFFIN : le parfum d’Adam
Une
fiche de lecture de Claude :
La
collection FOLIO vient de réediter ce « Parfum d’Adam » sorti début
2007. Notre médecin-écrivain-ambassadeur-académicien (par ordre d’entrée sur la
scène parisienne et mondiale) nous y livre un vrai roman d’espionnage
et de bio-terrorisme.
On
y suit les aventures de deux officiers de renseignement habiles et courageux
(Paul est médecin, Kerry est très belle…), luttant contre une bande de cinglés
ultra écolos qui ont décidé de s’en prendre aux pauvres, parce que, comme
disent les Anglais pour les taxer, ils sont nombreux.
On
reconnaît au passage l’analyse pertinente
de Luc FERRY, qui, dans son « Nouvel ordre écologique » (1992) a montré
le caractère anti-humaniste de l’ultra écologie ; on y perçoit aussi la
tension du militant humanitaire, qui estime que les pauvres sont de plus en
plus méprisés et écrasés.
L’histoire
tient debout, les personnages sont – RUFFIN oblige - campés avec nuances, tout
est écrit avec élégance.
D’où
vient alors que le lecteur de John CLANCY, John GRISHAM, ou autre LE CARRE,
s’ennuie un peu ? Un bon scénariste, un bon romancier, doivent être
cruels, et non généreux comme l’est notre nouvel académicien. Ils doivent
montrer la part d’ombre des personnages les plus positifs, et ne doivent pas
hésiter à leur faire mal. Ici, pas de drame, des ennuis vite surmontés, et à la
fin, comme dans les finals d’opéras, on se réjouit que les méchants soient punis,
et les bons récompensés.
Mais
au total , le roman « se lit bien », comme on dit d’un petit vin
qu’il « se boit bien », et, dans un registre plus sérieux, il fait
réfléchir sur les risques biologiques, ceux des mutations spontanées ou
provoquées de micro-organismes notamment .