Whisky à gogo de Cannes, c'est fini !
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Au détour d’un écho entrevu sur Internet, j’apprends que ce célèbre établissement de la Côte d’Azur est en cours de démolition … et une foule de souvenirs m’assaillent.
Entendons-nous bien : je n’ai fréquenté ce genre de lieux de divertissement que très rarement dans tout ma vie : moins de trois fois si mes souvenirs sont exacts, et seulement durant mes vacances de Pâques 1965. Mais ce fut pour moi décisif.
C’est au Whisky à gogo que j’ai échangé mon premier baiser avec celui qui sera le grand amour de ma vie : Claude. Il avait 19 ans et moi à peine moins, mais surtout il avait le permis de conduire et nous voiturait dans l'auto de son père, trois autres copains avec lui, sur la côte où nous passions nos vacances à nous ennuyer copieusement.
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La célèbre et désormais antique discothèque de la Pointe Croisette est donc en cours de démolition. La fin d'une histoire pour le patron William Goldstein et Bob, « prince de la nuit ».
Le Whisky à gogo, c'est pourtant un pan de l'histoire des nuits françaises. L'une des toutes premières discothèques. Inventée en 1954 par Paul Pacini et reprise en 1969 par la famille Goldstein.
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William Goldstein y a consacré sa vie. Patron pendant trente-cinq ans. Épaulé de la tête et des épaules par Bob, physionomiste, serveur, homme à tout faire et de confiance. Tout le monde connaît Bob. Sa carrure d'ancien boxeur. Ses mains d'équarrisseur. Mais surtout sa gentillesse légendaire. Trente ans de Whisky à gogo et cette conclusion : « J'ai eu une belle vie. Le paradis est sur terre, j'en suis sûr. »
Car au commencement, pour la jeunesse, il y avait les bals de village, les dancings populaires. Mes parents s’y sont rencontrés en 1928. Moi-même j’ai le souvenir de la fête de la Saint Barthélémy à Mougins dans les années 50. Puis, pendant les « Années folles », les cafés concerts, les music halls, les dancings. A Paris, le Bœuf sur le toit, le Palace, la Coupole, le Balajo …
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L’explosion survient après la guerre, avec le Whisky à gogo justement et de nouvelles danses : le chacha-cha, le twist, le madison, le jerk , le disco : Golf Drouot, Bus Palladium, New Jimmy’s … Autant vous dire que je n’ai jamais mis un orteil dans ces établissements mythiques. Mais ils étaient encore florissants à la fin des années 90 : les Planches, par exemple ... (séquence souvenir pour Anne-Christine et Laurent).
L’innovation technologique était intervenue en 1947 quand on a remplacé le juke box par le concept d’enchaînement de musique contrôlée par un DJ, à partir de deux platines tourne-disques. Une idée de Régine, la « Reine de la nuit » ?
Cependant, la technologie avance plus vite que les comportements des jeunes adultes : l’inflation des prix d’entrée dans ces clubs, la pandémie du COVID, l’essor des applis de rencontre, la crainte des empoisonnements (piqûres furtives, doses de GHB versées dans le verre …), les obligations d’un taux d’alcoolémie maîtrisé pour le retour, la terreur des incendies meurtriers semblent avoir détourné les jeunes de ces lieux de sociabilisation si nécessaires.
Le concept de « boîte de nuit » est devenu has been. Faut-il s’en désoler ?
R.I.P Whisky à gogo de Cannes donc, mais que va-t-on construire sur son emplacement avenue de Lérins ?