Esprit des Lumières, où est-tu ?
/image%2F1371293%2F20251204%2Fob_ec4e9e_img-5407.jpg)
Est-ce le fait que l’information en continu – sans compter les Fake News – nous abreuve quotidiennement d’horreurs, où parce que je deviens avec l’âge plus sensible ou moins tolérante, je supporte de plus en plus mal la dégradation des rapports humains …
Ceci est mon coup de gueule de ce matin !
Des exemples : traiter des personnalités publiques de « génocidaires » au motif qu’elles sont d'origine juive, ou parler de patrons comme de « rats » m'est intolérable. Racisme explicite, refus du débat, injures publiques, agressions verbales ou physiques – même dérisoires : autant de symptômes de la brutalisation de notre société.
Sous couvert du sacro-saint principe de la liberté d’expression, on tolère le harcèlement, la stigmatisation, le mensonge (déclarations et images truquées). C’est la foire d’empoigne permanente où les plus vulnérables se font rouler dans une sombre farine qui conduit à un découragement de toutes initiatives.
Et à côté, je note depuis plusieurs années une euphémisation du langage dont je ne saisis pas la finalité. De mon temps (au milieu du siècle dernier), quand un jeune homme et une jeune fille sortaient cela signifiait qu’ils apprenaient à se connaître et sortaient ensemble visiter des musées, assistaient à des concerts, bavardaient sans aller – dans un premier temps – plus loin. Ensuite, on pouvait éventuellement supposer qu’ils couchaient ensemble ou qu’ils étaient en couple. Aujourd’hui, il n’y a qu’un seul vocable : au lieu de se fréquenter, on dit « ils sortent » … un euphémisme … et aussi une certaine contradiction.
Autre manière de dire contemporaine : on ne parle plus d’une personne handicapée, mais en situation de handicap, personne n’est plus ni gros ni obèse mais en surcharge pondérale, comme on parle de pays en voie de développement ou « émergents» pour les contrées les plus pauvres de la planète. On ne dit jamais que quelqu’un est mort : il est décédé. Il n’y a plus de sourds, mais des malentendants. Est-il devenu désormais choquant d’être affligé d’un handicap ? Qu'apporte le terme ajouté "en situation de" ?
A moins que l'on m'explique pourquoi ces euphémismes ?
Quelle pudeur de langage tout à coup, en totale contradiction avec la violence langagière que nous subissons tous les jours !
/image%2F1371293%2F20251204%2Fob_4a32a4_jesse-straus-1933.jpg)
En complément de ma chronique – ou « pétage de plombs » si on veut – ce passage terriblement cruel et prémonitoire sur la vie politique française en 1936 …vue par l’ambassadeur des Etats-Unis à Paris Jesse I. Straus* dans une lettre adressée au Président Roosevelt. Il décrit ses impressions sur notre pays après deux années de séjour en France :
« On doit toujours se rappeler qu’il y a peu d’honnêteté intellectuelle et morale parmi les hommes politiques en France. La presse, dit-on, est presque sans exception, vénale. L’état des affaires est déplorable. Les membres de l’Assemblée nationale se comportent comme une troupe d’enfants indisciplinés dans une école maternelle.
Le budget continue à être déséquilibré, et selon moi, continuera à l’être malgré les déclarations contraires du gouvernement.
Qu’est-ce que l‘avenir réserve à la France ? Dieu seul le sait. Les français sont enveloppés dans un brouillard de peur de l’Allemagne, et cette peur peut être justifiée. Finiront-ils comme des vassaux, ou parviendront-ils à former une coalition efficace ? – nul ne le sait. »
Rien appris, rien oublié ?
Et vous, mes chers lecteurs et lectrices, vous en pensez quoi ?
*relevé dans la biographie de Roosevelt par Yves-Marie Péréon