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Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 6 petits-enfants.
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5 décembre 2025

Esprit des Lumières, où est-tu ?

Est-ce le fait que l’information en continu – sans compter les Fake News – nous abreuve quotidiennement d’horreurs, où parce que je deviens avec l’âge plus sensible ou moins tolérante, je supporte de plus en plus mal la dégradation des rapports humains …

Ceci est mon coup de gueule de ce matin !

Des exemples : traiter des personnalités publiques de « génocidaires » au motif qu’elles sont d'origine juive, ou parler de patrons comme de « rats » m'est intolérable. Racisme explicite, refus du débat, injures publiques, agressions verbales ou physiques – même dérisoires : autant de symptômes de la brutalisation de notre société.

Sous couvert du sacro-saint principe de la liberté d’expression, on tolère le harcèlement, la stigmatisation, le mensonge (déclarations et images truquées). C’est la foire d’empoigne permanente où les plus vulnérables se font rouler dans une sombre farine qui conduit à un découragement de toutes initiatives.

Et à côté, je note depuis plusieurs années une euphémisation du langage dont je ne saisis pas la finalité. De mon temps (au milieu du siècle dernier), quand un jeune homme et une jeune fille sortaient cela signifiait qu’ils apprenaient à se connaître et sortaient ensemble visiter des musées, assistaient à des concerts, bavardaient sans aller – dans un premier temps – plus loin. Ensuite, on pouvait éventuellement supposer qu’ils couchaient ensemble ou qu’ils étaient en couple. Aujourd’hui, il n’y a qu’un seul vocable : au lieu de se fréquenter, on dit « ils sortent » … un euphémisme … et aussi une certaine contradiction.

Autre manière de dire contemporaine : on ne parle plus d’une personne handicapée, mais en situation de handicap, personne n’est plus ni gros ni obèse mais en surcharge pondérale, comme on parle de pays en voie de développement ou « émergents» pour les contrées les plus pauvres de la planète. On ne dit jamais que quelqu’un est mort : il est décédé. Il n’y a plus de sourds, mais des malentendants. Est-il devenu désormais choquant d’être affligé d’un handicap ? Qu'apporte le terme ajouté "en situation de" ?

A moins que l'on m'explique pourquoi ces euphémismes ?

Quelle pudeur de langage tout à coup, en totale contradiction avec la violence langagière que nous subissons tous les jours !

 

En complément de ma chronique – ou « pétage de plombs » si on veut – ce passage terriblement cruel et prémonitoire sur la vie politique française en 1936 …vue par l’ambassadeur des Etats-Unis à Paris Jesse I. Straus* dans une lettre adressée au Président Roosevelt. Il décrit ses impressions sur notre pays après deux années de séjour en France :

« On doit toujours se rappeler qu’il y a peu d’honnêteté intellectuelle et morale parmi les hommes politiques en France. La presse, dit-on, est presque sans exception, vénale. L’état des affaires est déplorable. Les membres de l’Assemblée nationale se comportent comme une troupe d’enfants indisciplinés dans une école maternelle.

Le budget continue à être déséquilibré, et selon moi, continuera à l’être malgré les déclarations contraires du gouvernement.

Qu’est-ce que l‘avenir réserve à la France ? Dieu seul le sait. Les français sont enveloppés dans un brouillard de peur de l’Allemagne, et cette peur peut être justifiée. Finiront-ils comme des vassaux, ou parviendront-ils à former une coalition efficace ? – nul ne le sait. »

Rien appris, rien oublié ?

 

Et vous, mes chers lecteurs et lectrices, vous en pensez quoi ?

 

*relevé dans la biographie de Roosevelt par Yves-Marie Péréon

Commentaires
M
Je partage, comme souvent, vos coups de gueule. Pas uniquement, puisque vous êtes une de mes références littéraires notamment !<br /> L’euphémisme me gêne moins pour la bonne raison que des amis et connaissances frappées par un handicap tiennent à ces formulations.<br /> Quand à l’émergence de termes nouveaux, en politique et surtout en sociologie, je suis persuadée que je ne me résoudrai jamais à les utiliser, à commencer par « inclusion ».<br /> Nous perdons la richesse de notre langage et, partant, la richesse de notre pensée.<br /> Petit exemple : hier, lors d’une réunion préélectorale, j’ai ressenti la nécessité de rappeler, les bases de la démocratie et les dangers passés et présents à s’en affranchir. Les 2 mn de silence qui ont suivi m’ont fait craindre une bourde monumentale. Mais non, le débat a gagné en intérêt et capacité.<br /> Tout ne serait donc pas perdu ?
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C
Votre coup de gueule est riche en sujets qu'il serait trop long de commenter, surtout que je m'y prend en fin d'après midi.<br /> Je n'ai pas d'avis particulier sur l'euphémisation des mots. On emploie le mot de technicienne de surface plutôt que femme de ménage. Il y a aussi (ou il y avait) le référentiel bondissant pour désigner le ballon dans le jargon de l’éducation nationale. Certains termes sont plus sympathiques que d'autres, d'autres franchement ridicules, quand on n'est pas dans le milieu professionnel dans lequel ils sont employés. Mais leur portée est mesurée dans le temps. On trouvera d'autres mots dans le futur.. <br /> <br /> Autre sujet : l’avis, en 1936, du diplomate américain, citoyen d'un pays esclavagiste, qui a détruit la civilisation amérindienne, parait un peu prétentieux. "peu d’honnêteté intellectuelle et morale parmi les hommes politiques en France"...La France qui vivait en 1936 des moments forts avec le front populaire !!! Jean Zay, Mendès France, Léo Lagrange, Camille Chautemps, Léon Blum...des hommes doués de peu d'honnêteté intellectuelle et morale ? Allons, allons...A-t-il franchi la porte de son ambassade, ce garçon ? Mais tout cela est bien loin. Quelle importance a son avis maintenant que son pays est sous la domination d'un homme dont les valeurs morales sont quelque peu contestables..<br /> <br /> Un autre sujet a retenu mon attention. Quand vous employez l'expression "traiter des personnalités publiques de « génocidaires » au motif qu’elles sont d'origine juive", je suppose que vous faites allusion à la déclaration du professeur Julien Théry de l'université Lyon 2. Il est à noter que ce professeur s'est exprimé non pas dans le cadre de ses cours mais sur son compte facebook personnel. Il n'a pas "créé" de liste, car elle s'est créée toute seule puisque ce sont les signataires d'une lettre parue, il y a déjà quelques mois, dans le Figaro. Je pense que le mot génocidaire est grave, bien qu'utilisé par certaines instances internationales, voire certains pays souverains, et ne devrait concerner que les systèmes politiques ou au moins ceux qui ont les rênes du pouvoir, mais pas les individus. Mais je pense aussi que Julien Théry accuse ces personnes non pas parce qu'elles sont juives (Philippe Torreton, sauf erreur de ma part, n'est pas juif) mais parce qu'ils ont exigé des contreparties (démantèlement du Hamas entre autres) à la reconnaissance de l’état palestinien par monsieur Macron. Soit. Le massacre du 7 octobre fut terrible. Mais ce qui me gène dans cette histoire qui fait grand bruit à Lyon, où j'habite, c'est que j'aurais aimé que ces personnes exigent du même monsieur Macron qu'il refuse de nouer des relations diplomatiques, économiques, militaires (comme on a pu le faire en son temps avec l'Afrique du Sud, au moment de l'apartheid) avec monsieur Netanyaou et son gouvernement, tant que l'état palestinien n’est pas reconnu, tant que le grignotage meurtrier de la Cisjordanie se développe, tant que les bombardements sur Gaza continuent malgré le cessez-le feu. En défendant l'état israélien, quelque soit le parti qui le gouverne, ces 20 personnes n'ont pas compris que les bébés qui ont échappé à la mort depuis deux ans seront les futurs terroristes des années 2040, 2050, si les Israéliens n'admettent pas qu'ils se sont installés sur cette terre il y a 80 ans sans se préoccuper des peuples qui se trouvaient là. Ils n'ont pas compris que "l'horreur du 7 octobre a engendré une horreur plus grande que le droit international qualifie a minima d'épuration ethnique, quand ce n'est pas de génocide, dirigé et planifié non pas par le peuple juif, mais par un quarteron de gouvernants israéliens corrompus d'extrême droite, racistes, suprémacistes et qui sont les fossoyeurs inconscients du projet sioniste" (je cite un article du journal Marianne du 15 mai 2025).<br /> Il est par ailleurs, à mon avis, inadmissible que ce professeur soit suspendu. Heureusement, il est soutenu par un collectif de plus de plus de 800 personnes où l'on trouve entre autres, des membres de l'Union juive française pour la paix, des personnalités juives (Rony Brauman, Pierre Abecassis...)...https://www.hors-serie.net/contre-un-maccarthysme-a-la-francaise-pour-tous-les-julien-thery-a-venir/<br /> <br /> Bonne soirée chère Bigmammy, et pardon d'avoir été si longue.
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M
Ne pas oublier que les générations actuelles sont notre héritage, il faudrait ne pas l oublier, même si l accélération des nouvelles technologies n arrangent rien<br /> <br /> Tous les malvoyants ne sont pas aveugles, tous les malentendants ne sont pas sourds etc......<br /> Il y a actuellement des juifs qui ont génocidaires mais ne pas omettre aussi il y a peu que de chrétiens l ont été au Rwanda &dans les Balkans <br /> <br /> Alors pas de généralités
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E
Chaque matin je suis au rendez-vous de vos chroniques dont j'apprécie les analyses. Aujourd'hui votre coup de gueule ressemble beaucoup au mien et à ce que je pense, mais je ne suis pas assez érudite pour le formuler de la même façon. Néanmoins bravo. J'ai aussi apprécié le premier commentaire, mais un peu trop politique à mon goût. Merci et continuez à nous faire partager vos points de vue. Belles fêtes à vous. Manouedith
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S
Où ES-tu ?!!<br /> Déjà en 1936 ! L'esprit des Lumières était donc Outre-Atlantique !<br /> Belle journée à vous.
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