La sirène qui fume, polar politique de Benjamin Dierstein
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Après ma récente découverte de la trilogie « Bleus, Blancs Rouges », j’ai voulu revenir au premier roman de ce jeune auteur (né en 1983) de polars noirs, publié en 2018.
C’est le premier épisode de la trilogie « Echos des années grises » où l’on retrouve toutes les composantes du succès des romans postérieurs. Et déjà au moins deux personnages qui apparaissent aussi dans les derniers opus.
La sirène qui fume est un motif de tatouage retrouvé sur le corps de prostituées mineures assassinées en série et difficilement identifiables. L’enquête est menée par deux flics hyper doués mais totalement « barrés » : le capitaine Gabriel Prigent et le lieutenant Christian Kertesz. Le premier s’exprime à la première personne, le second joue le rôle de l’anti-héros, et on lui parle à la deuxième personne du singulier.
Une investigation à tiroirs, la quête d’une vérité tragique, celle d’un réseau de prostitution de très jeunes filles, souvent issues de milieux aisés et volontaires, mais aussi importées de pays de l’Est ou d’Afrique pour pimenter des partouzes et agrémenter les soirées de riches hommes d’affaires et de personnalités politiques.
Année 2011, quand la police de Lille monte un dossier explosif sur les soirées organisées à l’hôtel Carlton autour d’un candidat socialiste à la présidentielle, celle de la disparition de Xavier Dupont de Ligonnès, du rachat du Paris Saint Germain par un fonds quatari …
La chronique sanglante d’une guerre de territoire entre Corses et Gitans sur fond de trafic de stupéfiants, cercles de jeux plus ou moins clandestins et de machines à sous. Et aussi une sinistre rivalité entre services de police, et la traque en interne de ses éléments corrompus rémunérés par les caïds du Milieu.
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C’est hyper noir, gore et sanglant, le lecteur vit de l’intérieur les dérives psychologiques des deux flics poursuivis par leurs obsessions : pour Gabriel, la poursuite intransigeante de la vérité et la blessure sans cicatrice possible de l’enlèvement d’une de ses filles, pour Christian le remords d’avoir perdu l’amour de son épouse après la mort de leur premier bébé. Le tout sous médocs à en perdre totalement la raison.
Et déjà, dans ce premier roman foisonnant, tout le talent de l’auteur et un style haletant, dans une critique sans concession de la corruption moderne.
Ce qui me ravit, c'est que je n'aurai pas à attendre la parution des prochains épisodes !
P.S. Avec les dernières "révélations" de l'affaire Epstein, on découvre que ces fêtes barbares ont toujours existé ... choquant, non ?
La sirène qui fume, polar politique de Benjamin Dierstein (2018), Nouveau Monde éditions – collection Points Policier, préfacé par Caryl Férey, 616 p., 10,20€.