L'étendard sanglant est levé, roman historique de Benjamin Dierstein (tome 2)
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Volume deux de la trilogie de Benjamin Dierstein portant sur la période janvier 1980 – juin 1982.
Sur la jaquette de la couverture, quatre portraits sur fond d’attentats : Mitterrand, Carlos, Khadafi et Coluche. Si nous sommes effrayés de l’insécurité d’aujourd’hui, c’était pire à cette période, encore très présente en mes souvenirs.
Face à la crise mondiale qui fait suite aux chocs pétroliers, le gouvernement du président Giscard perd la main au profit d’une gauche pour une fois rassemblée – mais c’est pour mieux étouffer le parti communiste. Pour la classe politique au pouvoir depuis 23 ans, l’arrivée de François Mitterrand aux affaires est un cataclysme. En matière économique en tous cas, sa politique menée dans les premiers mois s’avère rapidement une impasse.
Le système des dépouilles dans les administrations est particulièrement douloureux dans les services de police et de surveillance du territoire. Les héros du roman réussissent cependant – pour la plupart – à retomber sur leurs pieds : Jacqueline Lienard, Marco Paolini continuent à traquer Geronimo, le pourvoyeur en armes et explosifs les groupuscules soutenus en sous-main par les services Syriens et Libyens déterminés à faire sauter l’Occident.
C’est une période marquée par de multiples attentats, et par la lutte clandestine pour la maîtrise du Tchad tiraillé entre les factions d’Hissène Habré et Goukouni Oueddei. Une guerre des sables où opèrent des barbouzes comme Bob Denard et le proxénète Robert Vauthier.
Sitôt un ennemi éliminé, telle d’hydre, une nouvelle cible repousse : c’est une femme qui se fait appeler Khadija. Gourv, le jeune flic à l’origine infiltré chez Action Directe, est devenu son collaborateur.
Comme le premier opus de la série, le récit mêlant intimement les faits historiques et des personnalités encore en vie (sauf Alain Orsoni, cité en p. 535 et 800), assassiné il y a quelques jours …) et les personnages de fiction, maintient le rythme haletant d’un scénario que ma génération n’aura aucun mal à se remémorer.
Tout n’est ici que mensonges, enfumages et trahisons. Personnellement, j’ai vécu cette époque dans une banque privée parisienne dont le président, ancien résistant et gaulliste militant, ne cachait pas inciter à voter Mitterrand plus tôt que Giscard en avril 81 …
En tournant la dernière page de ce livre, je n’ai eu qu’une pulsion, courir à la librairie pour acheter le troisième tome !
L’étendard sanglant est levé, polar historique de Benjamin Dierstein -tome 2- édité chez Flammarion, 909p., 24,50€.