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Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 6 petits-enfants.
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16 novembre 2025

Franklin D. Roosevelt, biographie de Yves-Marie Péréon

J’ai toujours autant de mal à cerner la psychologie des Américains et ce qui les a conduits à élire pour la seconde fois leur président actuel …

Au cours de leur histoire, ils eurent cependant un moment de grâce, lorsqu’au fond du trou de la grande dépression, ils choisirent le démocrate Franklin Delano Roosevelt, et le confirmèrent à deux reprises en 1936 et en 1940.

La lecture de cette biographie m’a donné de nombreuses clés pour comprendre les opinions des Américains d'aujourd'hui, et de sentir combien certaines grandes tendances perdurent. On comprend ici le fonctionnement des institutions et la négociation permanente entre l'exécutif et le Congrès.

Egalement, la permanence des clivages qui règnent au sein même des grands partis, à l'époque comme de nos jours : isolationnistes /internationalistes, partisans ou opposés à l'étalon-or, favorables aux droits civiques/ségrégationnistes, partisans de l'interventionnisme fédéral/jaloux de l'indépendance des états, opposés à l'immigration/favorables à l'accueil des réfugiés juifs.

Cet ouvrage a été publié en 2012 et critiqué quelques mois plus tard par Claude, mais je ne l’avais pas lu. Je croyais connaître l’essentiel de la politique de New Deal initiée par le président pour redresser l’économie après le krach financier du 29 octobre 1929 (l’indice Dow Jones passe de 381,2 le 3 septembre 1929 à 41,2 en 1932 !) et la contraction de 44% de son PNB en trois ans.

Aristocrate protestant (pur "WASP") né dans une famille comptant déjà un président, Franklin Roosevelt a une formation de juriste, ce n’est pas un féru d’économie. Mais il apprend vite et est suprêmement doué pour la communication. Il est élégant, se marie très jeune avec Eleanor, une de ses lointaines cousines plus marquée à gauche que lui, qui le secondera efficacement malgré ses incartades conjugales, il saura s’entourer de collaborateurs compétents représentant tout le spectre des idées politiques de cette époque. Un homme secret, qui consulte et décide seul ...

 

 

Il faut tout négocier car il y a des conservateurs chez les Démocrates et des progressistes chez les Républicains. On note la très forte prégnance des divergences d’opinions au sein de son propre parti. Mais surtout, la constance de son action en faveur des plus pauvres – sans toutefois aller jusqu’à abolir la ségrégation raciale (il faut ménager l'électorat démocrate du Sud)  ni faire acte de générosité à l’égard des Juifs persécutés en Europe avant et pendant la guerre (l'antisémitisme est fort). Toujours en fonction de l’opinion publique et des nécessités de la réélection, car même en temps de guerre, les processus électoraux demeurent incontournables.

L’œuvre réformatrice de Roosevelt est durable : assainissement du secteur bancaire et protection des épargnants, organes de régulation mis en place, fondement d’un système de protection sociale, création de multiples agences fédérales, construction d’infrastructures, extension de la fiscalité, modernisation de.la fonction présidentielle.

Commandant en chef, il conduit son pays et les Alliés à la victoire, jette les bases d’un système de gouvernance internationale qui a évité la guerre pendant plusieurs décennies.

 

Le tout en ayant été foudroyé, à 39 ans, par une paralysie – on pense aujourd’hui qu’il souffrait du syndrome de Guillain-Barré - qui ne l’a pas empêché de sillonner le monde et de remplir non seulement les devoirs de sa charge mais à mener simultanément campagne pour se faire réélire 2 fois – un amendement à la Constitution ratifié en 1947 ramenant la possibilité de seulement deux mandats consécutifs ou non.

Il est clair cependant que les régulations et innovations sociales introduites par Roosevelt ont été détricotées par les membres de son propre parti comme de ses adversaires, et que les relations internationales ne sont plus régulées efficacement dans le cadre des Nations Unies.

Franklin Roosevelt déclarait que « Le devoir des Américains de 1933 est de prouver que la démocratie pouvait fonctionner dans le monde d’aujourd’hui aussi efficacement que dans celui, plus simple, d’il y a un siècle ».

L’ont-ils oublié de nos jours, soit presque un siècle plus tard ?

 

En complément, deux ouvrages parus récemment ... L'autre Amérique et La Conspiration

 

Franklin D. Roosevelt, biographie par Yves-Marie Péréon, édité chaz Tallandier (2012). 577 p., 15,90€.

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