L'Odyssée, film de Jérôme Salle
Encore un biopic à grand spectacle !
Voici la saga (1949 – 1973) de toute une famille aquatique dont le « Pacha » Jacques-Yves Cousteau, l’une des personnalités les plus prisées des français durant sa vie, a marqué notre jeunesse. Le réalisateur Jérôme Salle a entrepris de mettre en scène à grand spectacle et sans effets spéciaux la facette psychologique de la légende dorée du Commandant. En particulier ses relations conflictuelles avec Philippe, son plus jeune fils et réalisateur de la plupart de ses films. Une façon aussi d’exalter l’épopée – ou plutôt l’odyssée – des explorations océanographiques de la Calypso et de son équipage.
Lambert Wilson interprète avec fougue et subtilité le bouillant et inventif « JYC « : comme acteur, lui aussi a un vieux compte à régler avec un père omniprésent et égocentrique, Georges Wilson.
Les maquilleurs ont fait des merveilles pour le vieillir … de même que la surprenante Audrey Tautou, l’épouse bafouée et un peu trop portée sur la bouteille, tellement émouvante, elle aussi méconnaissable, celle qui choisit d’habiter sur le navire. Et, comme souvent, c’est Pierre Niney qui traîne après lui tous les cœurs, d’autant que dès la scène inaugurale, on sait qu’un drame se joue.
OK, c’est un film bien réalisé, avec des images et une musique – Alexandre Desplat – sublimes. Un rythme lent, qui explique comment Cousteau pouvait se montrer convainquant avec ses sponsors, comment il avait le chic pour trouver des images « choc », très télévisuelles comme le fameux bonnet rouge (emblématique des scaphandriers « pieds lourds » mais aussi avant eux, celui des bagnards de Toulon, appelés souvent à des missions de plongée alors particulièrement risquées), les risques bien réels pris en navigation et en plongées parmi les requins.
Ceci étant, sa conversion même tardive aux nécessités de la sauvegarde des océans et de leurs hôtes, a été particulièrement efficace, comme le moratoire de préservation de l’Antarctique. Le film insiste un cependant peu trop lourdement à mon goût sur les frasques amoureuses du commandant, mais glisse comme une anguille sur ses opinions politiques, largement marquées par celles qui avaient souvent cours dans la Marine avant 1940 …
Mais après tout, il vaut mieux remettre à l’honneur l’équipe de copains – les Mousquemers – officiers de marine et ingénieurs, qui ont mis au point le matériel de plongée moderne …
Un film qui plaira aux jeunes, qui met en scène des petits garçons intrépides et des plongeurs courageux, idéal pour les vacances scolaires, et qui se vendra certainement bien à l’étranger …




