Home, le film de Yann Arthus-Bertrand
Désolée, je ne suis pas convaincue !
Qu'il faille stopper un certain nombre de dérives productivistes, alerter les générations futures - et actuelles - sur l'urgence à modifier nos comportements vis à vis du réchauffement climatique, bien entendu, tout le monde est d'accord. Mais, au-delà de belles images et d'une jolie musique, le film catégorisé a priori comme événement me laisse un mauvais gout de fourre-tout, de "qui trop embrasse mal étreint", de simili cours de sciences nat comme à l'école (j'avais horreur des sciences nat !).
Moi, ce qui me fascine, c'est l'oeuvre des hommes : les cathédrales, les barrages, la peinture et la sculpture, les découvertes mathématiques....
Savoir que la population du monde a doublé m'indique qu'une proportion phénoménale d'hommes ont eu l'opportunité de déployer leurs talents au service de leurs semblables. J'ai confiance. Nous avons fait de fameux dégâts mais je ne pense pas qu'une décennie puisse inverser la tendance. C'est évident, pour nous économies développées, nous portons une lourde responsabilité et une ardente obligation. Mais, de quel droit viendrions-nous contrecarrer le développement de pays émergents comme l'Inde ou la Chine en leur disant : "Nous, nous avons fait notre révolution industrielle et avons perturbé les équilibres naturels, alors vous, là, maintenant, il faut stopper de vous industrialiser....."?
Il va falloir assumer tous ensemble, évaluer sans idéologie la part de responsabilité de l'activité humaine dans cette agression de la nature - d'autres périodes de réchauffement ont affecté la planète dans les ères précédentes, n'est-ce pas Monsieur Allègre ? - prendre les mesures coercitives sur l'utilisation du pétrole et de la voiture : comme à Singapour où une taxe double le prix de revient des voitures, où pour y échapper, on a une plaque d'immatriculation rouge car on a le droit de circuler seulement de 18h à 6h le matin et le week-end, où on a instauré le péage urbain (ERP). Installer des champs entiers de paysages remplis d'éoliennes et installé des fermes solaires partout.....
En réalité, nous ne sommes pas prêts. Nous voulons tout et son contraire, et surtout pas se priver de nos vacances aux maldives pour se reposer du stress de la société post-industrielle.
Donc, de jolies images - dont certaines déjà vues et revues - un commentaire pas clair pour deux sous et dit d'une voix blanche (j'aurais préféré Pierre Arditi, c'est un photographe talentueux, Yann, mais il n'est pas comédien malgré sa belle gueule), une opération de pub mondiale bien orchestrée pour le Groupe PPR....OK ! Mais ne tombons pas dans le panneau.
NB : Quelle pub pour les listes écologiques !