La grande aventure des chemins de fer
A l'heure où sont publiées ces lignes, nous sommes dans le TGV qui nous conduit à Agen, puis Al Calfour....Claude en profite pour vous faire découvrir un excellent ouvrage écrit par Alain Frerejean, (Flammarion, 25 €)
Tout commence par une découverte, celle des éditions de la
Vie du Rail, 11 rue de Milan, à Paris IXème : chère au cœur de tous les
cheminots, la Vie du Rail déploie, à
deux pas de
Au commencement était le rail, double rainure en creux sur les voies romaines, destinée à guider et alléger l’effort des chevaux, puis cheminement de bois dans les mines du Moyen âge européen.
Puis vint la machine à vapeur, développée, non par Denis Papin ou James Watt, mais par un quincailler de Cornouailles, Thomas Newcomen, à partir de 1712, pour mécaniser le pompage dans les mines. C’est un autre autodidacte, Richard Trevithick qui, en 1804, fait marcher la première locomotive, tirant le premier petit train de mine (après que deux Français, Cugnot et Jouffroy d’Abbans, aient fait fonctionner une voiture – en 1769 - et un bateau à vapeur – en 1783 -, et soient morts pauvres, personne ne croyant en France à l’avenir de ces inventions, dont la seconde, au moins, était opérationnelle…).
Un troisième autodidacte, George Stephenson, fils de mineur, sort en 1825 la première locomotive capable de tirer un train de transports de voyageurs, et la première ligne régulière Stockton-Darlington ; dès lors, le Royaume Uni, puis la France, sous l’impulsion notamment des Frères Pereire, et toute l’Europe, vont se couvrir de petites lignes, bientôt devenues grandes. Plus tard, c’est encore un autodidacte, George Westinghouse, qui inventera le freinage, pour en finir avec un système effrayant où le mécanicien sifflait pour alerter les freineurs, juchés sur chacun des wagons, qui devaient voltiger pour mettre des patins devant les roues….
Aux Etats-Unis, la création des chemins de fer est une
aventure créatrice de l’unité nationale, mais c’est aussi un défi technique
redoutable, relevé par quelques capitalistes souvent « limite », et
par des milliers d’ouvriers sans peur et sans faiblesse, dont une majorité de
Chinois. On pense à la monotonie des grandes Plaines, mais on oublie souvent
les Montagnes Rocheuses, où il faut creuser, à
Alain Frerejean décrit les progrès du chemin de fer en Russie, en Afrique, en Asie, avec autant d’anecdotes savoureuses que de vraies réflexions économiques. On lira notamment les hurlements d’orfraies provoqués dans la bourgeoisie française par les projets de chemins de fer. Décidément, la résistance au changement n’est pas nouvelle en France…Mais l’enthousiasme est à son comble quand le train arrive à Rouen ou au Hâvre !
Donc un très bon livre, que, j’en suis sur, vous n‘auriez pas eu l’idée d’ouvrir sans ce Blog !