Consolations, essai de Christophe André
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C’est un livre laissé là, sur une table basse … Je n’aurais jamais acheté un ouvrage de philosophie – l’épreuve du Bac est toujours un mauvais souvenir pour moi - et je ne connaissais pas du tout ce psychiatre spécialiste des émotions. Mais je me suis toujours demandée si je n’avais jamais été efficace dans l’action de consoler … en fait, je suis bien consciente que non et j’ai donc poursuivi la lecture.
Je n’avais jamais non plus conceptualisé le fait qu’un psychiatre ou un psychologue ne voient et traitent uniquement que des êtres malheureux – plus ou moins en détresse, voire en deuil. Cet auteur- là, lui aussi, a connu de grandes angoisses personnelles. Il parle avec simplicité de la capacité – et de la difficulté – de trouver une consolation après un événement malheureux, une dépression, une maladie, une rupture, la perte d’un emploi, la disparition d’un ami, d’un être cher, ou, au sommet de l’échelle du malheur, la perte d’un enfant.
Le propos est de donner des éléments pour apporter la consolation sans faire de maladresses, et surtout d’accepter la consolation et se reconstruire.
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Les grands malheurs ne protègent pas des petits. Le chagrin nous coupe du monde des autres et de nous-même. La consolation restaure ces liens avec patience et douceur … Il lui faut du temps. Elle donne une raison de continuer à vivre alors que rien, ou si peu, ne peut être réparé.
Le consolant ne doit attendre aucun remerciement, juste exprimer son affection et se tenir à disposition. La patience, chez le consolant comme chez le consolé, est nécessaire : « On ne fait pas pousser l’herbe plus vite en lui tirant dessus ».
Le mal arrive d’un coup, immense et brutal ; le bien ne revient que tout doucement, fragile et incertain. Pour les mères endeuillées persiste à jamais un chagrin souterrain ravivé par peu de choses, ou par rien : « plus les années passent, plus je suis inconsolable » déclare une de ses patientes.
L’auteur donne des pistes pour s’auto-consoler : la contemplation de la nature, l’art, l’écriture, la musique, la méditation, la religion, les illusions, l’action, la marche … Ce n’est pas un livre de recettes mais, contrairement à ce que disait Nietzsche, on ne sort pas forcément plus fort d’un grand malheur.
« Le but, c’est d’être heureux. On n’y arrive que lentement. Il y faut une application quotidienne. Quand on l’est, il reste beaucoup à faire : à consoler les autres. » disait Jules Renard.
Un livre très accessible, illustré de références littéraires, d'expériences vécues, d'exemples éclairants. Mais pour ce qui me concerne personnellement, je ne sais pas si j'en sors mieux équipée pour consoler efficacement quiconque ...
Consolations, Celles que l’on reçoit et celles que l’on donne, essai de Christophe André, Editions l’iconoclaste, collection Proche, 290 p., 8,90€.