Paris sous les eaux ?
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Le Lot-et-Garonne encore aujourd'hui est en vigilance crue rouge en raison des pluies continues depuis des jours et des jours ....
Quand je regarde les images de ce qui se passe aujourd’hui dans mon département chéri de Lot-et-Garonne, et tout particulièrement au niveau des confluents, je ne peux m’empêcher de repenser à l’une de mes angoisses récurrentes de ma période d’activité professionnelle.
Responsable des « services généraux » de mon employeur, je savais qu’en cas de crue majeure – on parlait déjà de l’occurrence d’une crue centennale équivalente à celle de 1910 - tous les équipements logistiques situés dans le sous-sol de notre immeuble situé rue de Grenelle seraient engloutis … Et cependant, jamais le sujet n’avait été abordé en Comité de direction …
Car il est parfaitement possible de connaître un jour à Paris une crue de la même ampleur que celle de 1910. Surtout dans un contexte de réchauffement climatique.
Une « crue centennale » est une crue majeure, qui a une chance sur 100 de se produire chaque année, et non pas une crue qui revient automatiquement tous les 100 ans. C’est une question de probabilité, une statistique qui s'appuie sur l'observation des crues passées et sur leur périodicité.
Les hasards de la pluviométrie et les conditions locales peuvent cependant amener des crues centennales à se produire plusieurs fois par siècle, voire plusieurs années d’affilée ! Récemment, en 2016 (le fleuve était alors monté à 6,10 mètres au-dessus de son niveau normal à Paris ) et 2018, ce sont deux crues qui se sont enchaînées en 2 ans.
La fameuse crue de la Seine de fin janvier 1910 et qui a atteint 8,62 mètres à Paris Austerlitz était une crue centennale. Elle sert aujourd’hui de référence pour de nombreux outils de prévention des inondations.
On imagine mal combien un tel événement serait (sera ?) catastrophique, en particulier du fait de notre dépendance immense aux réseaux de distribution, eau potable, communication, énergie, transports …. Un préjudice évalué à 30 milliards selon certains …
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Prendre une assurance ne provoque pas l’accident : il est bon de consulter les cartes publiées par la Ville de Paris pour déterminer si tel ou tel logement est situé en zone inondable, consulter les guides de survie, savoir que le préavis des autorités en cas de risque majeur est de 72 heures avant le pic de crue, soit le temps nécessaire pour décider – si on le peut - s’il est préférable de rester ou de se réfugier ailleurs …
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Lors des grandes crues du siècle passé, je me souviens que mon père m’avait emmenée voir jusqu’où le Zouave du pont de l’Alma* avait l’uniforme atteint par les flots jaunâtres … Et nous n’étions pas les seuls à contempler ce spectacle.
Aujourd’hui, je pense à tous ces riverains des rivières en furie puis stagnantes et en attente de la lente décrue, qui contemplent leur maison inondée. Je me demande : que pouvons-nous bien faire pour les soulager ?
*Le Zouave est devenu le baromètre de la hauteur de l’eau de la Seine. Chaque partie de son corps donne une indication sur le phénomène. Lorsqu’il a les pieds dans l’eau, cela signifie que le fleuve est en crue. Lorsque l’eau monte jusqu’aux genoux, les quais de Seine sont fermés et la navigation interdite. En 1910, lors de la crue centennale, l’eau lui arrivait jusqu’aux épaules.