Les orphelins, récit d'Eric Vuillard
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La collection “Un endroit où aller” réunit des textes de langue française ou étrangère dans des genres divers, souvent inclassables – entre roman, récit et nouvelle, poésie, théâtre, philosophie et esthétique.
Ici, nous sommes transportés dans l’Amérique des garçons vachers (on ne dit plus cowboys !), et on nous raconte la légende de Billy the Kid, son histoire intime, et aussi celle de l’origine du pouvoir en Amérique et de la démocratie confisquée. Très loin de la légende des westerns d’Hollywood et de Cinecitta.
C’est Pat Garett, le sheriff qui l’abattit en 1881, qui coula son histoire fantasmée dans le bronze, avec son best-seller La véritable histoire de Billy the Kid. Ainsi “Sa vie sera écrite par son assassin.”
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Eric Vuillard s’efforce de retrouver de ce jeune homme de 21 ans au moment de sa mort quelques traces biographiques plausibles et, au passage, rétablit un certain nombre de vérités sur la formation des Etats-Unis après la guerre de Sécession.
Entre autres, comment des fortunes foncières se sont bâties en pourchassant les Amérindiens, comment les forces de l’ordre ont été composées majoritairement par des ex-malfrats, comment se sont distingués les premiers hommes politiques dans ce no-mens-land des contrées proches de la frontière du Mexique, comment du bétail volé fut revendu à forte plus-value aux armées, la corruption des élus...
Désespérante est la vie miteuse de ces jeunes désoeuvrés allergiques à toute forme de contrainte, maniant la poudre à toute occasion. Même si l’auteur y ajoute de la poésie, ou parfois utilise le langage le plus grossier pour mettre le lecteur dans l’ambiance … C’est une lecture qui n’incite pas vraiment au voyage, tant on perçoit que les tendances de cette sombre époque continuent à sévir de nos jours.
Une histoire de cadavres, d’alcool et de sueur … quelques biographies de personnages secondaires qu’on peut ne pas vouloir connaître …
J’ajoute que pour la forme, si cet opuscule répond à une charte graphique censée en faire un objet d’art : papier maïs, format restreint mais allongé, beaucoup de pages de garde entre chaque chapitre, des photos à peine lisibles car de taille réduite …163 pages vendues 20,90€, c’est bien cher.
C’était ma seconde incursion dans l’œuvre d’Eric Vuillard. Je vais m’en tenir là.
Les orphelins, une histoire de Billy the Kid, récit d’Eric Vuillard, publié chez Actes Sud dans la collection « Un endroit où aller », 163 p., 20,90€.