LECLERC, le soldat et le politique, biographie par André Martel
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Philippe Leclerc de Hautecloque, élevé à la dignité de Maréchal de France à titre posthume (1902 – 1947) devînt, de son vivant – un héros de légende …
A vrai dire, malgré mes nombreuses lectures des grandes phases de la Seconde guerre mondiale, je ne connaissais pas grand-chose de sa brillante carrière. Cette biographie, bien rangée dans une de mes bibliothèques de campagne, m’a immédiatement passionnée.
D’abord parce qu’elle émane d’un historien, colonel de réserve de l’Arme blindée, fondateur en 1968 du premier centre universitaire d’histoire militaire et de défense, un écrivain qui sait de quoi il parle.
Ensuite par l’unanimité des témoignages recueillis autour de la jeunesse, puis de la maturité de l’homme, de ses multiples talents de stratège, de son humilité et de sa fortitude, de son inébranlable loyauté envers le général de Gaulle. Tous exaltent ses aptitudes de chef, son mépris du danger, pensent que ce jeune officier doit être rapidement promu, pour le bien de l’Armée. Pas un mot de reproche.
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Et c’est une carrière fulgurante, marquée par des réussites audacieuses. Un jeune homme svelte, issu d’une famille aristocratique où l’on apprécie la chasse, marié jeune et père de six enfants 37 ans - son fils aîné mourra en Indochine en 1952), profondément croyant et pratiquant, résolument opposé mais loyal aux politiques.
Capitaine de cavalerie, entré major à l'Ecole de Guerre, il est en faveur des thèses sur l’utilisation combinée des chars et de l’aviation, dès l’entre-deux-guerres, en accord avec les thèses de De Gaulle. Il le rejoint ans es derniers jours de juin à Londres. La France va continuer à se battre, dans les terres de son Empire
Il pense à long terme, en particulier dans ses dernières missions en Indochine et en Afrique du Nord, sait qu’après la guerre, rien ne sera plus comme avant.
Il faut regarder les cartes de ses offensives entre Douala et Strasbourg en passant par Koufra et le Fezzan, puis Berchtesgaden, raids insensés réussis avec la 2ème DB (division blindée) une troupe si faible, si dénuée de moyens qui sera la première à pénétrer dans Paris et Strasbourg), ses refus aussi de combattre sous les ordres de chefs qu’il n’estime pas ou parce qu’il n’est pas d’accord avec leur vision des événements et de l’évolution des peuples (De Lattre, d’Argenlieu).
Ma principale découverte : l’action de Leclerc en Indochine et sa vision lucide d’une inévitable décolonisation. Et je sais aussi pourquoi il s'aidait d'une canne ...
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Le destin aura voulu qu’un accident d’avion brise en pleine gloire ce condottiere flamboyant – erreur de pilotage, ordre de décoller malgré une tempête de sable, attentat visant à supprimer un homme appelé à remplir de hautes fonctions dans une France en proie à de violentes difficultés sociales – nul ne saura jamais le fin mot de cette histoire.
Haute intelligence, rapidité de jugement, grande sensibilité, vision stratégique à long terme, courage frisant parfois la témérité, amour absolu de la France, foi inébranlable et amour des hommes … on n’est pas loin de la canonisation et certains y ont pensé.
Je dirai simplement un héros, que cette biographie illustre en citant tous ses compagnons, beaucoup de ses écrits et aussi émanant de ses contemporains. Une légende un peu oubliée aujourd’hui, et je le regrette.
Leclerc, le soldat et le politique (1998), par André Martel, édité chez Albin Michel, 571 p., 24,75 €