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Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 6 petits-enfants.
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27 décembre 2024

Malplaquet 1709, par Clément Oury

C’est la deuxième analyse de bataille que j’apprécie dans cette collection éditée sous le double sceau de PERRIN et du Ministère des armés. Malplaquet, le 11 septembre (!) 1709, une défaite de la France systématiquement oubliée ainsi présentée par l’éditeur :

« En cette année 1709, le royaume de France est au bord du gouffre. Engagé dans le plus dur conflit de tout le règne – la guerre de Succession d'Espagne –, le pays a déjà subi défaite sur défaite. En janvier, le Grand Hiver a ajouté la catastrophe climatique au désastre militaire. En mai, les États européens coalisés contre le vieux roi lancent leurs troupes sur les frontières du royaume. Ces troupes sont conduites par le prince Eugène de Savoie et le duc de Marlborough, les deux meilleurs généraux de leur temps. Jamais le royaume de France n’a subi l’invasion d’une force aussi puissante. »

En ce début de siècle des Lumières, les batailles restent encore perçues comme une ordalie, le jugement de Dieu. L’affrontement de Malplaquet est le dernier obstacle avant la ruée des coalisés sur Paris. Pour la France, faut-il l’engager, ou l’esquiver ? En réalité, Villars et ses hommes cherchent surtout à tenir le plus longtemps possible.

Et le fait remarquable à Malplaquet, c’est que l’armée de Louis XIV recule mais ne s’effondre pas et que sa retraite bien ordonnée est exemplaire. Comme le dit Blackader : « Je ne m’attendais pas à voir une armée désemparée combattre aussi bien … »

Cette bataille fut un gigantesque carnage : pour les Français, on estime le chiffre des pertes (tués et blessés) entre 10000 et 15000, mais du côté Alliés entre 15000 et 20000. A elle seule, l’infanterie hollandaise y a perdu 10000 hommes.

Cette victoire constitue ainsi pour les Alliés un désastre et une boucherie d’autant plus effroyable qu’elle est inutile. Malplaquet va servir de contre-modèle, un objet d’étude destiné à comprendre les erreurs à ne pas commettre.

C’est tout l’intérêt de cette analyse très claire qui visite tous les aspects économiques, diplomatiques, politiques de ce conflit européen, de façon accessible au non spécialiste et qui permet de percevoir la réalité des guerres incessantes menées par Louis XIV pour garantir le « pré carré ».

Ainsi comprend-on mieux le sous-titre de cet ouvrage : la défaite qui sauve le royaume.

A présent, me déplaçant à travers le quartier de l’Ecole militaire où j’ai travaillé pendant presque 20 ans, je sais qui fut le maréchal de Villars.

 

Malplaquet 1709, la défaite qui sauve le royaume, par Clément Oury, édité chez Perrin et le Ministère des Armées, 358 p., 25€

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