Du rififi à Ménilmontant, BD de Jacques Tardi
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Quel plaisir de retrouver Jacques Tardi – et cette fois au scénario comme au dessin – dans un nouvel épisode de la série des polars de Léo Malet adaptés en BD depuis 1982 avec le premier opus « M’as-tu vu en cadavre ? ».
Disparu en 1996, Léo Malet n’a pas achevé son cycle des « Nouveaux mystères de Paris », dont chaque aventure mettant en scène le détective Nestor Burma se déroule dans un arrondissement de la capitale. Il manquait donc à l’appel, entre autres, le 20ème.
Dans cet album que Tardi déclare être le dernier (?), on retrouve toute la gouaille et le caractère rugueux du génial dessinateur anarchiste.
Nestor Burma est sévèrement enrhumé, il cherche conseil auprès de son pharmacien qui lui fournit le dernier anti-rhume à la mode, dont la publicité agressive couvre les murs de Paris et se promène sur de mystérieux hommes-sandwich pas très catholiques …
Une fort belle femme l’attend dans son bureau pour lui faire une déclaration – et c’est peu dire – fracassante. Je ne vais pas spoiler plus loin.
Une affaire de trafic abominable, une famille friquée bien compliquée, un scandale sanitaire sur le point d’exploser … mais rien de tout ça n’empêche Burma de trouver des pistes dans tous les rades de Ménilmontant. Il suffit de compter le temps qu’il passe à écluser des blanc-sec (naturellement) avec ses indics – regardez les horloges !!!
Le dessin est toujours aussi net, on y retrouve bien entendu la vigilante Hélène Chatelain, mais aussi des portraits d’amis de l’auteur comme Daniel Pennac, j’ai même cru reconnaitre Dominique Grange, des références à Albert Lamorisse (le Ballon rouge), Jules Dassin (Du rififi chez les hommes), aux morts de la Grande guerre, aux Fédérés du Père Lachaise fusillés par Adolphe Thiers …
Sans doute en ai-je manqué quelques autres.
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42 ans après « Brouillard sous le pont de Tolbiac », Jacques Tardi – qui est mon aîné de 67 jours et dont le père a fréquenté le même Stalag IIB que le mien, est toujours animé des mêmes colères. Et son histoire est, cette fois, moins déjantée que dans le dernier épisode d’Adèle Blanc-sec qui m’avait quelque peu désarçonnée …
Certains reprocheront peut-être à Tardi de tourner en rond dans ce quartier qu’il affectionne visiblement. Pour ma part, j’ai eu un coup de cœur pour la Ford Vedette, cette énorme bagnole dont le moteur V8 produisait un bruit inimitable : j’y ai fait, à cette époque-là, des voyages fantastiques : c’était un modèle utilitaire dont le hayon se séparait en deux et, avec ma copie Geneviève Ganaye, nous étions assises à l’arrière, une place de choix et au frais pour admirer le paysage.
Continuez comme ça, cher Tardi, vous m’enchantez !
Du rififi à Ménilmontant, BD de Jacques Tardi d’après les personnages de Léo Malet, édité chez Casterman, 192 p., 25€