Toujours présent à mon esprit : mon père
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Aujourd’hui, mon père Jean, Baptiste, Henri, Joseph MENS aurait célébré son 114ème anniversaire … Et je me souviens aussitôt combien il était attaché à ce que l’on n’oublie pas de le lui fêter ! Et dans quelques jours, je commemorerai le vingtième anniversaire (déjà !) de sa disparition.
Je viens de retrouver dans mes archives le texte de l’éloge qui fut prononcé lors de ses obsèques, et qui résume si bien sa vie … Cette lecture évoque pour moi aussi l’être cher qui l’a écrite, Claude, qui le qualifiait de "second père" et disparu lui depuis plus de deux ans.
« Pour évoquer Jean MENS, viennent à l’esprit, tout naturellement, des images dynamiques, des images de succès :
- Celle du jeune peintre qui, accroché à une échelle de corde, tartine de blanc brillant et crème la façade du CARLTON, ou qui, quelques années plus tard, gagne tous les marchés de peinture des bâtiments publics à MEKNES, par exemple le superbe lycée LAMORICIERE, dont nous avons fait le tour avec lui en 99 : toute sa vie, il pensera qu’un bon coup de peinture, ou une nouvelle tapisserie, c’est le signe de bonne santé, et qui ne l’a pas vu travailler sur la table à tapisserie avec Mamie, aide dévouée, mais gentiment critique, ne sait pas ce qu’est le bonheur de travailler en couple …
- La seconde image qui vient à l’esprit est celle de « l’adjudant épinglé », pour reprendre le titre du beau roman de Jacques PERRET : en Allemagne, il n’a que deux idées en tête, causer le plus possible d’ennuis à ses gardiens, et s’évader. Tout simplement parce qu’il est écrit dans le Règlement de discipline générale que tout soldat fait prisonnier a le devoir de s’évader. Peut-être aussi parce qu’il ne supporte pas la séparation d’avec Lulu. En février 1942, elle recevra, de LOCHES en Indre et Loire, le fameux télégramme "Affaire terminée, j’arrive », dont elle disait qu’il ne restait plus trace à la fin de la journée, tellement elle l’avait montré et malaxé !
- Pour la troisième image, la paix est revenue : il exerce le passionnant métier de courrier diplomatique ; il part et donc il revient tous les 15 jours à PARIS avec des idées et des objets glanés à ISTAMBUL, à MOSCOU, à STOCKHOLM ou à SANTIAGO du CHILI : le petit appartement du boulevard SOULT, dont Mamie entretient avec soin la convivialité, était aussi un lieu ouvert sur le monde et une escale pour les innombrables amis, tous plus étonnants et stimulants les uns que le autres (surtout pour les jeunes gens un peu timides et convenus que nous étions en 1965 …). La première fois que je l’ai vu, à Pâques 65, nous avons parlé, dans le patio des Récucaï, des « 25 points de MAO », tout simplement parce qu’il rentrait de CHINE.
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- Une autre image : celle de l’homme qui, en toutes circonstances, aime donner, ne serait-ce que de son temps et son énergie : « vivre et faire vivre » était un de ses principes d’action.
- La dernière image, c’est celle du grand-père qui ne manquait pas une valse au mariage de chacun de ses petits-enfants, dont il était si fier, de ce grand-père qui, presque jusqu’au dernier moment, a fait une demi-heure de gymnastique et quelques kilomètres de marche à bon train tous les matins. Un grand-père qui, à 93 ans, n’hésitait pas à emporter avec lui, sur le trajet CANNES-AGEN, une maquette du SOLEIL-ROYAL, vaisseau-amiral de Louis XIV, soigneusement emballée comme il savait le faire. Et aussi un grand-père qui ne reculait pas devant les lectures difficiles, pour autant qu’elles se rapportent à sa passion pour l’histoire contemporaine. »
C’est bon aussi de se souvenir de ces hommes de bien qui ne sont plus. Cette passion de l'histoire, je sais qu'il l'a transmise à la plupart de ses arrières- petits-enfants.