L'Italien, roman d'Arturo Perez-Reverte
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Je viens d’acheter coup sur coup deux ouvrages (sans en lire la quatrième de couverture et sur la seule foi du nom de leurs auteurs, comme à mon habitude). Et ce sont des romans de guerre … Ainsi va notre monde actuel dans ses fracas irrémédiables.
Avec L’Italien, Arturo Perez-Reverte, qui figure parmi mes auteurs préférés, nous plonge – et c’est bien le cas de le dire – dans un épisode étonnant de la Seconde guerre mondiale. Les exploits d’une équipe de plongeurs de combat italiens chargés de détruire le maximum de navires britanniques au mouillage dans les ports ultra-sécurisés de Gibraltar, Alexandrie ou Malte.
Ces hommes sont d’authentiques héros, au sens d'Homère … Une témérité à toute épreuve, la technicité, la fortitude, l’humilité, l'habileté, la résilience : la seule perspective acceptable est d’atteindre leurs objectifs, aussi périlleux soient-ils. Et d’utiliser au mieux une technologie révolutionnaire, conçue par les ingénieurs italiens, pour une fois bien supérieurs aux britanniques.
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Chaque équipe de deux plongeurs chevauche une sorte de torpille – on les surnomme des "miales" ou "cochons" - permettant de placer sous la coque des bâtiments-cibles des explosifs à retardement. Des guerriers intrépides, comme les combattants sortis du ventre du cheval de Troie, jadis.
Le plus attachant de tous se nomme Téseo … et il va naturellement être sauvé par une Ariane.
Une héroïne à sa hauteur : Elena, jeune veuve et libraire férue de littérature classique, espagnole … Pourquoi décide-t-elle de l’aider, de risquer sa peau pour renseigner cette équipe de saboteurs étrangers ? Pas pour l’argent, sans doute un peu par vengeance contre ces Anglais qui ont bombardé Mers-el-Kébir où son mari a trouvé la mort, par amour de ce marin taiseux qui ne le lui demande rien …
Un roman à la progression lente, quoique ponctué de scènes d’action haletantes, qui conduit le lecteur alternativement dans chaque camp, exalte les vertus de l’engagement patriotique, en particulier à un moment où, pour les italiens justement en 1943, le sort des armes bascule et où la nation se brise avec le renvoi de Mussolini puis l'envahissement du nord par les Allemands.
Une émouvante histoire d’amour et de respect de l’adversaire, de retenue et de littérature aussi, nourrie des vertus antiques.
Pas aussi enthousiasmant que les premières œuvres de l’auteur comme « La peau du tambour » ou même plus récemment, les aventures du sinistre Falco, mais un bon cru tout de même.
L’Italien, roman d’Arturo Perez-Reverte, traduit de l’espagnol par Robert Amutio, Chez Gallimard, 438p., 24€