Communions populaires
Dans la même semaine, nous aurons eu deux occasions de nous retrouver tous ensemble en un consensus populaire au sens noble du terme : les obsèques de Johnny Halliday et l'élection de Miss France !
A l'heure de l'omniprésence des réseaux sociaux, nous éprouvons aussi le besoin de partager, classes sociales, âges et niveaux intellectuels mêlés dans une seule culture franchouillarde en diable. J'avoue, j'ai suivi à la télévision les étapes de la cérémmonie consacrée à Johnny, même si je n'ai jamais été particulièrement fan. Je reconnais toutefois la ténacité et le talent exceptionnel de cet artiste qui a su s'adapter toute sa vie à la mode et à l'air du temps.
De la même façon, j'ai suivi comme chaque année la soirée d'élection de Miss France : elle s'est tenue au Mach 36, la salle multiactivité de la ville de Châteauroux. Tout un symbole au moment où le gouvernement de penche - enfin - sur les difficultés des villes périphériques. Ce qui n'est pas le cas de Châteauroux, pôle de la réparation d'aéronefs et qui bénéficie encore de l'aéroport, vestige de la base américaine de jadis - et patrie de Gérard Depardieu. (quel genre d'hommage fera-t-on donc lors de la disparition de ce monstre sacré à la carrure internationale ???).
Un coup de projecteur sur cette ville du Berry, qui dispose d'un hôtel de luxe (l'hôtel Colbert où nous avons fait étape en septembre dernier, installé dans l'ancienne manufacture des tabacs) où ont dû se loger toute l'équipe du barnum Miss France.
Ce genre de soirée télévisée est fédérateur. Nous l'avons suivie en compagnie de Hugo et surtout Apolline ... à laquelle ce genre de spectacle est particulièrement destiné, mais ils n'ont pas tenu jusqu'au bout, terrassés par la fatigue d'un trimestre bien dense. Moi, je note simplement que ces belles jeunes femmes expriment la fierté de notre culture, riche d'apports diversifiés, fondus dans une seule et même âme. Savoir que le papa de miss Champagne-Ardennes est d'origine ivoirienne, que miss Rhône-Alpes est d'origine algérienne, que le père de miss Ile-de-France est sicilien et que miss Picardie a vécu en Ukraine jusqu'à ses 5 ans me ravit.
C'est tout ça, la France, dans ce qu'elle peut produire de ravissant, élégant, intelligent - puisque désormais les miss subissent un test de culture générale - et ne ne sont pas forcément des "souchiennes", Dieu merci ! En tous cas une classe de trente superbes jeunes femmes minces, musclées, courageuses, dégourdies, pratiquant les langues étrangères et le sport, sachant aussi bien danser sur des talons hauts que s'exprimer en public, toutes parées de longs cheveux - ou presque ! L'image rêvée, fantasmée de la beauté aussi bien par les hommes que par les femmes.
Bref, voici enfin une jeune femme ravissante - Maeva Coucke, miss Nord-Pas de Calais - qui aura un job harrassant tout au long de l'année 2018 et dont la réussite à ce concours changera peut-être le cours de la vie - je pense à la jeune Yvonne Labrousse, Miss France 1930, qui devînt la Bégum épouse de l'Aga Khan en 1944, et décédée au Cannet, la ville de mon enfance ! Toutes n'en arrivent pas là, mais il est sympathique de constater que certaines des élues ont réussi une jolie carrière professionnelle.
Comme quoi, à l'heure des nouvelles technologies de l'information, un concours super-ringard comme celui des Miss France a toujours autant de succès, populaire dans le bon sens du terme.


