Divellec, mise en scène de poissons sublimes
Dîner dans un tel restaurant, c’est comme aller à l’opéra.
Il faut une occasion spéciale – notre anniversaire de mariage – réserver suffisamment à l’avance – c’était plus facile puisque l’établissement n’a rouvert que depuis le 21 septembre – et s’habiller comme il convient.
Car le cadre et le ballet des jeunes serveurs et soubrettes, tous beaux et prévenants, le décor super étudié – j’ai remarqué la finesse des verres et la douceur de la nouvelle salle « jardin d’hiver » - compte pour beaucoup dans le charme de la soirée. Un bémol toutefois : l’éclairage du soir est tellement tamisé qu’on voir à peine les couleurs de ce qui est dans l’assiette.
Ce qui charme, c’est l’histoire de ce restaurant fondé par Jacques Le Divellec en 1983 et prisé de toutes les têtes politiques de la Vème République – proximité de l’Assemblée Nationale aidant. Claude y avait plusieurs fois déjeuné avec d’importants hôtes étrangers, pour ma part, j’avais été invitée une fois et ce qui m’avait alors frappée en entrant était une rutilante presse à homard … Aujourd’hui, on admire la grande toile de Soulages.
Jacques Le Divellec, commandeur de la Légion d’honneur, le grand pacha de la cuisine de poissons et des fruits de mer a pris sa retraite en 2013 – il a aujourd’hui 84 ans. Son restaurant est resté fermé 3 ans.
Il a repris la vague avec des investisseurs et des chefs tout ce qu’il y a de plus professionnels, français et en famille : entre autres le groupe Costes, et aux fourneaux Mathieu Pacaud (35 ans) avec en backup son père Bernard (… L’Ambroisie, l'Hexagone, Histoires ...).
Donc, jeunesse et continuité, tradition et modernité. C’est du lourd dans la légèreté. Les plats peuvent atteindre au sublime dans la simplicité ou monter dans les sommets du luxe. C’est cher, mais il faut ce qu’il faut : le caviar et le turbot, ça se mérite !
Pour nous le menu était composé d’une pastilla de thon albacore avec réduction de coriandre pour Claude, d’une bouchée à la Reine aux fruits de mer et girolles naines pour moi, en plat principal un dos de sole de petit bateau en croute de noix et hachis de cèpes avec sa sauce au vin jaune, et en dessert un strudel de pommes « déstructuré ». De l’innovation, mais on ne casse pas encore les codes !
A noter, la possibilité de boire du vin au verre – nous avons choisi un Saint-Joseph rouge – qui ne fait pas exploser l’addition (compter entre 50 € le midi et 150 €), et la direction nous a offert nos coupes de champagne : élégant, non ?
Divellec – 18 rue Fabert – 75007 Paris – 01 45 51 91 96


