Marie-Antoinette, reine de France
Exposition aux Galeries nationales du Grand Palais (jusqu’au 30 juin)
Marie-Antoinette a toujours fait l’objet
d’interprétations et de représentations phantasmées.
Son portrait a souvent été brossé de façon caricaturale. Cependant, peu de
peintres – hors madame Vigée-Le Brun - réussirent à lui rendre la beauté
complexe et fascinante qui séduisit ses contemporains : on remarquait en
effet son teint d’une transparence de porcelaine, son allure grande et élancée
– un véritable port de reine – mais aussi son nez légèrement recourbé et une
forte mâchoire inférieure proéminente, marque des Habsbourg. Du Palais de
Schönbrunn à Versailles, de Trianon à la Conciergerie, l’exposition éclaire
sous un nouveau jour cette personnalité contrastée et fascinante. En réunissant près de 300 oeuvres
provenant de toute l’Europe, dont un extraordinaire ensemble de peintures, de
sculptures (Lemoyne, Boizot et Lecomte), et d’arts décoratifs (Carlin, Jacob, Riesener,
Weisweiler), l’exposition cherche à mettre en exergue chacun de ces aspects de
la personnalité de Marie-Antoinette, tant sur le plan de l’éducation que dans
les domaines artistiques et politiques. Elle invite le public, de la cour
d’Autriche à la Conciergerie, à cheminer aux côtés de ce personnage d’exception,
bien décrit dans ses charmes et ses faiblesses par Sophia Ford-Coppola.
Ce qui
m’a le plus intéressée : les exceptionnelles porcelaines de la Manufacture
de Sèvres, le mobilier, l’ensemble de portraits officiels dont celui,
merveilleux, du petit dauphin et de sa sœur. Sans oublier celui de la Reine,
présenté au Salon par Madame Vigée le Brun, une rose à la main, vêtue d’une
robe de mousseline de coton et coiffée d’une capeline de paille, qui dû être
remplacé, car il ne correspondait pas à l’image qu’il convenait de donner de la
reine, par une pose identique, le modèle cette fois paré d’une robe de cour.
Cette exposition mérite de prendre le temps : il vaut mieux réserver !