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Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 6 petits-enfants.
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2 juillet 2026

Atala, René, le dernier des Abencerage par François-René de Chateaubriand

Retrouvé par hasard dans mes rayonnages de livres accumulés ici depuis 35 ans, un texte classique que je découvre aujourd’hui. Pourquoi celui-ci plutôt que tel autre ? Parce que je me souviens vaguement d’avoir lu l’histoire du dernier des Abencerage après avoir visité les merveilles de Grenade : l’Alhambra et le Généraliffe, il y a plus d’années encore …

Comment aborder la lecture d’un tel classique, ma première incursion dans le monde tourmenté de François-René de Chateaubriand (1768 – 1848), reconnu comme le précurseur du Romantisme ?

Trois courts romans, publiés en 1801, 1802 et 1826. Paradoxalement, une grande facilité de lecture mais surtout des thèmes parfaitement étanches à l’âme de nos contemporains. Cependant, je n’ai pas lâché cette lecture, impatiente de connaître la fin de ce qui s’avère pourtant, page après page, conduire à une fin dramatique.

Et, finalement, ce mal du XIXème siècle si brillamment exprimé par l’auteur, ressemble fort à celui de notre jeunesse. D’une autre nature, certes, mais qui nous laisse sans voix.

 

Trois histoires d’amour impossibles, voire inavouables, désespérantes. Un sentiment de vide, le désenchantement de jeunes personnes belles et cultivées, au lendemain de bouleversements politiques qui ont ébranlé l’Europe, et la France en particulier.

Atala, les amours de deux Sauvages dans le désert, évoque l’impossible union entre un européen pourtant prêt à s’ensauvager et une belle Natchez pourtant déjà convertie au christianisme. Cependant, le héros principal de cette histoire est le patriarche Chactas. Il a beaucoup voyagé, a été emmené à Versailles où il a vu Louis XIV, il fut retenu aux galères, a contemplé la civilisation à son plus haut niveau …

Il accueille le jeune René, le prend en amitié et lui raconte son sauvetage par la fille du chef d’une tribu ennemie, la belle Atala. Ils s’enfuient mais en vertu d’un vœu secret prononcé par sa mère à l’instant de sa naissance, Atala, vouée à la virginité, ne peut épouser son amant et se donne la mort pour ne pas céder à la tentation.

 

 

On retrouve René quelques années plus tard, lorsqu'il revient sur les rives du Mississippi et retrouve Chactas devenu vieux – il a soixante-treize ans - et aveugle, qui lui demande de raconter comment et pourquoi il est revenu en Louisiane. Là aussi, un amour interdit, un secret de famille indicible.

La dernière de ces nouvelles se déroule quelques années après la bataille de Pavie, perdue par François 1er, et se situe en Andalousie. Aben-Hamet, le dernier des Abencerage, s’est réfugié à Tunis après la Reconquista. Il entreprend un pèlerinage au pays de ses aïeux, à Grenade. Il y rencontre la belle Blanca, descendante du Cid. Il est musulman, elle catholique. Chacun demande à l’autre de rejoindre sa religion, aucun ne cède alors qu’ils sont tombés tous les deux profondément amoureux. Conflit de loyauté.

Un style étincelant, des descriptions de paysages fantastiques : on se croirait au coeur d'un tableau du Douanier Rousseau - des thèmes récurrents dans ces trois textes : la fidélité, la perte de la Patrie et l’exil, la mélancolie du paradis perdu, le respect des valeurs chevaleresques et de la parole engagée, les séquelles morales des guerres et des conquêtes, l’omniprésence intransigeante de la religion et de la foi, celle donnée à son Dieu comme celle donnée à un tiers.

Trois textes nourris de l’expérience de l’auteur : son enfance peu chaleureuse, ses voyages, la proximité avec sa soeur, sa profonde piété – Le Génie du christianisme est publié en 1802 – ses propres déceptions amoureuses ?

Un classique que j’aurais certainement dû lire plus tôt … Mais mieux vaut tard que jamais !

Atala, René, Les aventures du dernier Abencerage, de François-René de Chateaubriand, éditions Folio, 307 p.

Commentaires
M
Lu il y a tres tres longtemps
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