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Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 6 petits-enfants.
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28 février 2026

Le sexe des mots, par Jean-François Revel, de l'Académie française

 

Voici un texte dans lequel je me reconnais pleinement, ayant toujours beaucoup de mal à adopter de nouveaux usages exaltant la féminisation de certaines professions, qui ne me semblent pas - mais c'est une opinion personnelle - améliorer la beauté de notre langue française ... Et pourtant, je me sens totalement féministe !

 

Le sexe des mots

 

Jean-François Revel commente la féminisation des mots :

 

Byzance tomba aux mains des Turcs tout en discutant du sexe des anges.
Le français achèvera de se décomposer dans l’illettrisme pendant que nous discuterons du sexe des mots.

 

La querelle actuelle découle de ce fait très simple qu’il n’existe pas en français de genre neutre comme en possèdent le grec, le latin et l’allemand. D’où ce résultat que, chez nous, quantité de noms, de fonctions, métiers et titres, sémantiquement neutres, sont grammaticalement féminins ou masculins. Leur genre n’a rien à voir avec le sexe de la personne qu’ils concernent, laquelle peut être un homme.
 

Homme, d’ailleurs, s’emploie tantôt en valeur neutre, quand il signifie l’espèce humaine, tantôt en valeur masculine quand il désigne le mâle. Confondre les deux relève d’une incompétence qui condamne à l’embrouillamini sur la féminisation du vocabulaire. Un humain de sexe masculin peut fort bien être une recrue, une vedette, une canaille, une fripouille ou une andouille.
 

De sexe féminin, il lui arrive d’être un mannequin, un tyran ou un génie. Le respect de la personne humaine est-il réservé aux femmes, et celui des droits de l’homme aux hommes ?
Absurde !

 

Ces féminins et masculins sont purement grammaticaux, nullement sexuels.
Certains mots sont précédés d’articles féminins ou masculins sans que ces genres impliquent que les qualités, charges ou talents correspondants appartiennent à un sexe plutôt qu’à l’autre. On dit: « Madame de Sévigné est un grand écrivain » et « Rémy de Gourmont est une plume brillante ». On dit le garde des Sceaux, même quand c’est une femme, et la sentinelle, qui est presque toujours un homme.

 

Tous ces termes sont, je le répète, sémantiquement neutres. Accoler à un substantif un article d’un genre opposé au sien ne le fait pas changer de sexe. Ce n’est qu’une banale faute d’accord.
 

Certains substantifs se féminisent tout naturellement: une pianiste, avocate, chanteuse, directrice, actrice, papesse, doctoresse. Mais une dame ministresse, proviseuse, médecine, gardienne des Sceaux, officière ou commandeuse de la Légion d’Honneur contrevient soit à la clarté, soit à l’esthétique, sans que remarquer cet inconvénient puisse être imputé à l’antiféminisme. Un ambassadeur est un ambassadeur, même quand c’est une femme. Il est aussi une excellence, même quand c’est un homme.

L’usage est le maître suprême.

Cette chronique est présente dans le recueil d’éditoriaux Fin du siècle des ombres (1999, Fayard).

Jean-François Revel, journaliste et essayiste (1924 - 2006)

Commentaires
J
Merci pour cet article que je partage en totalité, les féministes devraient s’attaquer à bien d’autres sujets par exemple le port du voile, l’excision qui se pratique même en France ….au lieu de détruire notre belle langue ! Agréable journée
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S
Merci pour cette chronique de Jean-François Revel. J'ai mal à ma langue à chaque fois que j'entends les mots écrivaine ou autrice par exemple. Certains mots sont certes plus faciles à féminiser que d'autres. Mais franchement, "écrivaine", que c'est laid ! Et Madame l'Ambassadeur a quand même une autre classe que le mot ambassadrice par ex. <br /> Mais ce n'est que mon avis personnel. <br /> Bonne journée Bigmammy.
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T
Cet article me plait beaucoup j'aime le vocabulaire, la grammaire.... l<br /> Bonne journée<br /> Bisous
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M
Jusqu'au XVII° siecle les mots etaient des 2 *** sexes*** ce n'est qu'un juste retour.....
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H
C'était aussi l'avis de Mme Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel de l'Académie française...
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