14 juillet, polar historique de Benjamin Dierstein (tome 3)
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« Les internationalistes de 1968 sont devenus des libéraux qui pensent que la mondialisation va réaliser leur vieux rêve exotique d’aide aux pays sous-développés ».
Fin de partie pour cette période charnière de la V ème République qui voit les premières années du septennat de François Mitterrand. Les héros des deux premiers tomes de la trilogie sont toujours en piste, mais dans des conditions plus périlleuses.
La chasse aux sorcières habituelle lors des changements de régime a fait valser les patrons des polices mais la guérilla inter-services est toujours aussi intense. Et entre les caïds corses et marseillais, l’hécatombe continue. Les clans palestiniens s'entre-déchirent sur notre territoire. Le trafic de drogue nourrit les achats d'armes et enrichit les intermédiaires.
Les « affaires » fleurissent, les attentats menés par les différentes factions financées par les ennemis jurés de la France et de sa politique extérieure maladroite aussi : les Irlandais de Vincennes, le mitraillage de la rue des rosiers, les attentats dans le TGV, l’attentat contre le Drakkar à Beyrouth, la famille cachée du président, les écoutes de l’Elysée ...
La trame romanesque de ce rappel historique est sans doute nécessaire, et sans doute aussi est-elle étayée sur une minutieuse documentation. Elle lève le voile sur des manœuvres de services qui vont ébranler encore davantage – si cela est possible – la confiance de nos concitoyens dans les mécanismes de l’administration des polices censées assurer leur sécurité.
Des flics, des voyous, des indics, des complots, des barbouzes, des agents infiltrés, des extrémistes … ils sont certainement toujours présents aujourd’hui.
La description des combats entre factions – surtout au Liban – est particulièrement crédible. Et dans ce dernier épisode aussi, la désespérance des fonctionnaires loyaux et des électeurs informés devant la montée de l’extrême-droite. J’imagine que c’est là le propos subliminal de l’auteur.
En tant que témoin de cette période, puisque les principaux personnages de cette politique-fiction sont mes contemporains, je me souviens très précisément de ce malaise … et ne cesse de me demander : qu’est-ce qui est vrai dans tout ça ?
Au final, on a hâte de connaître le sort du dernier personnage en vie à la dernière page de cette saga de plus de 2600 pages ... qui se lisent dans un souffle !
14 juillet, polar politique de Benjamin Dierstein (tome 3), édité chez Flammarion, 867 p., 24,50€