Carrefour City, la révolte des nantis
Mon coup de gueule de ce matin : depuis mon refuge de Lot-et-Garonne, je suis choquée de la polémique qui bat son plein au cœur même du quartier que j’habite depuis bientôt 50 ans : l’adorable place baptisée en 2015 dans la plus profonde indifférence place Laurent Terzieff – Pascale de Boysson.
Depuis quelques semaines, on entreprend - dans le local que se trouve à gauche de l'image - des travaux d’installation d’un magasin Carrefour City, au grand dam des intellos du quartier qui ont lancé une pétition pour s’y opposer, récupérant un peu vite certaines signatures de célébrités – et elles sont nombreuses dans ce quartier privilégié (le mien !), il suffit de consulter l’annuaire ….
Je cite Francinfo :
« C'est une petite place pittoresque du 6e arrondissement de Paris, typique de ce coin cossu de la capitale. Une fontaine Wallace agrémente un parterre ombragé, à l'intersection des rues Bréa et Vavin, tout près du jardin du Luxembourg. La façade immaculée d'un immeuble à gradins, imaginé par les architectes Henri Sauvage et Charles Sarazin, fait miroiter en surface ces petits carreaux blancs typiques des stations de métro. La petite place, fort passante, abrite déjà une épicerie, des sandwicheries, une pharmacie, une agence immobilière, des restaurants, un cave et des boutiques... Mais depuis sept mois, plus personne ne marque de pause devant la vitrine du 19 rue Vavin.
Le magasin de jouets Oxybul a fermé ses portes début décembre, et le local commercial a été vidé. Un supermarché Carrefour City devrait le remplacer durant le cours de l'été. Cette perspective est rejetée par certains riverains et amoureux du quartier dénoncent cette implantation. Cet appel brandit notamment la menace d'une accumulation de déchets sur la place, un "encouragement à la mendicité", l'afflux de véhicules de livraison et un effet délétère sur le cadre de vie, avec des risques pour la sécurité des riverains. Les pétitionnaires disent soutenir les "commerces de vraie proximité contre les grandes enseignes de distribution" et la "sauvegarde du quartier en tant que zone protégée". »
Franchement, je ne vois pas en quoi cette nouvelle implantation commerciale nuirait aussi gravement à la tranquillité et/ou à la sécurité publiques et même à l’environnement si calme, en attirant des vagabonds, des alcoolos, pourquoi pas des fumeurs de crack ?
Si ce n'est un peu d'animation supplémentaire alors que de nombreuses boutiques ont fermé depuis quelques mois du fait sans doute de loyers trop élevés.
Dans un rayon de cent mètres, on trouve cependant un Franprix rue Notre-Dame des Champs, et un Monoprix boulevard Raspail. Et pas un trouble de voisinage de ce genre.
Je comprends l’inquiétude des petits commerces à proximité immédiate, mais ils ne jouent pas dans la même catégorie. Et en ce qui concerne les deux supérettes citées, je peux témoigner qu’elles pratiquent l’une et l’autre des prix particulièrement élevés.
Pour ma part, étant très limitée dans mes mouvements, je n’ai guère le choix d'aller plus loin mais me demande, à chaque fois que j’y fais mes courses de survie, comment font les gens qui ne disposent pas comme moi d’une retraite convenable. les étudiants par exemple.
Car il n’y a pas que des intellos richards qui peuplent ces immeubles post-haussmanniens.
Et justement à propos de richards, je note l’ire de Pierre Richard, le comédien, d’avoir été cité par la Presse comme signataire de la pétition, alors que la personne en question est l’ancien dirigeant de banque, haut fonctionnaire retraité que je croise de temps à autres (mais a-t-il signé, comme s’en défend aussi Ruth El Krief ???), tout comme Alain Souchon, Catherine Frot, entre autres …
La réglementation de notre pays fixant l’installation des commerces est contraignante, ce y compris les avis nécessaires des Architectes des Bâtiments de France lorsqu’il s’agit d’un site protégé. Dès lors que la loi et la liberté du commerce sont respectées, je ne pense pas que les riverains puissent s’opposer à une installation qui pourrait provoquer un choc de concurrence en faveur des consommateurs.
Nous ne sommes pas en présence d’un investissement tel qu’il requiert la réunion d’une Commission Particulière du Débat Public, ce me semble !
Cette « révolte » des nantis me choque … Pas vous ?
Que n’étaient-ils présents lorsque la Ville de Paris a fait abattre les paulownias, remplacés un matin de juillet et en catimini par de jeunes arbres au maigre feuillage !