Grands décors restaurés de Notre-Dame à la Galerie des Gobelins
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Depuis l’incendie de 2019, près de 1 000 artisans travaillent au quotidien à la restauration de la cathédrale. Parmi eux, les restaurateurs de peintures ne sont pas les moins actifs. Ce sont eux qui ont redonné vie et couleur aux grands « mays », ces chefs-d’œuvre de peinture religieuse offerts chaque année au mois de mai, entre 1630 et 1707, par la confrérie des orfèvres de la ville de Paris.
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Les Mays sont de grands tableaux d’autel commandés chaque année, entre 1630 et 1707, par la corporation des orfèvres en hommage à la Vierge Marie. Leur remise solennelle à la cathédrale en mai justifie leur nom de May de Notre-Dame.
Du peintre Georges Lallemant avec sa toile de 1630 intitulée Saint Pierre et Saint Paul montant au temple jusqu’au Saint Paul prêche à Troade et ressuscite le jeune Eutyque, peint en 1707 par Jacques Courtin, il s’agit d’une kyrielle d’œuvres aux sujets variés qui couvrent huit décennies de l’art français.
Leurs auteurs sont les plus grands peintres français de l’époque : Laurent de La Hyre (1606-1656), Aubin Vouet (1595 – 1641), Charles Le Brun (1619 – 1690), Eustache Le Sueur (1617 1655) ...). Accrochés à l’origine côte à côte dans la nef de la cathédrale, ils formèrent une collection unique en France, dispersée à la Révolution, puis partiellement rassemblée et replacée dans l’édifice.
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Un florilège du classicisme français, dont le chef de file était Nicolas Poussin, leur contemporain, qui travailla à Paris de 1640 à 1642 avant d’aller à Rome.
Une peinture très largement oubliée aujourd’hui, que cette exposition nous permet d’admirer dans ses couleurs d’origine et « d’aussi près que possible » car les œuvres seront de nouveau accrochées sur les piliers lorsque la cathédrale sera de nouveau ouverte au public.
Très académique tout ça, naturellement, puisque c'est de 1648 que date la création de l'Académie royale de peinture et de sculpture, à l'initiative de Charles Le Brun.
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Beaucoup de violence aussi : la crucifixion de Pierre la tête en bas, les flagellations diverses et variées, le supplice de Barthélémy écorché vif, la chute de cheval de Paul …
On n’y allait pas de main morte à l’époque, pour éduquer les peuples en ces temps de lutte contre le Protestantisme.
C’est donc un saut dans l’histoire de l’art français qui nous attend …
Une occasion de regarder aussi les belles tapisseries sur la vie de la Vierge (quelques-unes des 14 lissées entre 1638 et 1642 à l’initiative du chanoine Michel Le Masle), et le somptueux tapis fleuri de la Savonnerie offert pour le chœur de Notre-Dame par Charles X, sans oublier les maquettes du nouveau mobilier liturgique réalisé aujourd’hui pour l’édifice.
Grands décors restaurés de Notre-Dame, exposition proposée par la DRAC Ile-de-France et le Mobilier national à la Galerie des Gobelins jusqu'au 21 juillet, tous les jours sauf lundi à partir de 11h. 8€