Dix mai(s) à commémorer
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Plus je me plonge dans l’histoire des grandes mutations du monde, plus je mesure à quel point la traite des êtres humains a provoqué et provoque encore des malheurs infinis, passés, présents et à venir. Sans oublier que cette abomination a toujours cours dans certains pays comme l’enrôlement des enfants-soldats, la prostitution, l'esclavage domestique.
C'est donc aujourd’hui la "journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leur abolition*" depuis 2006 et la loi Taubira. La France est le premier État et demeure le seul qui, à ce jour, ait déclaré la traite négrière et l'esclavage "crime contre l'humanité". Elle est également le seul État à avoir décrété une journée nationale de commémoration.
Pour moi, le 10 mai n’est donc pas une date faste …
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10 mai 1871
Après l’armistice qui a mis fin aux combats de la guerre franco-prussienne pour une durée de quatre semaines, une Assemblée nationale a été élue. Elle a désigné Adolphe Thiers comme « chef du gouvernement exécutif de la République française ». Sa première mission : préparer le traité de paix définitif avec l'empire allemand.
Pour les Allemands, la cession des deux départements alsaciens est une revendication incontournable. Mais les Français se voient réclamer aussi Metz et la Lorraine du nord bien que ces terres de culture française n'aient aucun motif d'appartenir à l'Allemagne.
Le chancelier Bismarck (ci-dessus en blanc) ajoute à ces revendications territoriales une indemnité de guerre colossale, chiffrée à six milliards de francs de l'époque. L'indemnité est réduite à cinq milliards. Il est convenu que les troupes d'occupation se retireront à mesure que sera versée l'indemnité. Thiers obtient aussi que la place forte de Belfort, qui a résisté au-delà de l'armistice, soit conservée à la France en échange du droit pour les Allemands de défiler à Paris.
Les préliminaires de paix sont enfin signés le 26 février 1871 et le document est ratifié par l'Assemblée dès le 2 mars avant d'être signé à Francfort le 10 mai suivant. Pressé d'en finir, Thiers a désormais les mains libres pour s'occuper des affaires intérieures et notamment réprimer l'insurrection de la Commune.
10 mai 1940
L’Allemagne d’Hitler envahit la France en passant par le massif des Ardennes, que le haut commandement français jugeait impénétrable au passage des blindés. C’est le début de la descente aux enfers pour l’armée française. Mon père Jean Mens, sous-officier au premier régiment de Zouaves était de la partie. Malgré son ardeur au combat, comme des milliers de ses camarades, il fut fait prisonnier et emmené dans un Stalag … dont il s’évada, après plusieurs tentatives, en février 1942, depuis la Poméranie.
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*Pour ce qui concerne la France métropolitaine, la première abolition remonte au début du XIVe siècle : un édit du 3 juillet 1315 du roi Louis Le Hutin affirme que "selon le droit de nature, chacun doit naître franc". Officiellement, depuis cette date, "le sol de France affranchit l'esclave qui le touche".
Pour ce qui concerne les colonies françaises en revanche, il faudra attendre la Révolution française pour que l’esclavage y soit aboli par un décret du 4 février 1794, appelé aussi décret de Pluviôse. Mais cette mesure sans précédent votée par les députés de la Convention ne prend effet qu'en Guadeloupe et à Saint-Domingue. Et sera de courte durée. Huit ans plus tard, le 20 mai 1802, Napoléon Bonaparte, alors premier Consul, le rétablit. Il faudra attendre le 27 avril 1848 (décret rédigé par Victor Schoelcher) pour que l’esclavage soit définitivement aboli dans toutes les colonies françaises.