Une belle avancée pour la liberté des femmes
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Suivre le discours du Premier ministre et les explications de vote des différentes formations politiques a représenté pour moi une grande émotion hier après-midi. Et naturellement j’ai trouvé choquante certaine déclaration … mais c’est aussi ça, la démocratie.
Cette liberté inscrite désormais dans notre Constitution est une victoire. Et rappeler que toute loi peut être abrogée par une majorité issue d’un basculement vers des idées rétrogrades, d’un autre siècle ou d’un autre millénaire dominé par le patriarcat, est une évidence. Dans l’histoire récente, on a vu la démocratie aboutir à une dictature. Comme cela a été souvent souligné, la restriction des libertés publiques commence toujours par celle des femmes.
Alors, moi qui suis pourtant déjà dans le quatrième âge, je suis fière de cette avancée fondamentale dans le chemin difficile de l’égalité, des libertés et des droits entre les femmes et les hommes. Mère de trois filles, grand-mère de trois petites-filles – et de quatre petits-fils – j’ai toujours oeuvré, dans la mesure de mes moyens, pour le respect des droits des unes et des autres. Et celui de disposer de son corps, sans les violences autopermises par la force physique est fondamental.
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Je me souviens : en 1989, à 43 ans et maman de trois enfants, alors que je venais de décrocher un nouveau poste de direction passionnant, j’ai vécu l’épreuve de devoir renoncer à une nouvelle grossesse non souhaitée. Car cela ne fut pas sans lourde réflexion menée en union avec mon mari, pourtant profondément croyant …
J’ai encore en mémoire combien le suivi de la procédure, près de quinze années après le vote de la loi Veil, fut jalonné d’un interrogatoire se voulant persuasif, culpabilisant, traumatisant … et je me souviens encore que la clinique m’a demandé de payer l’intervention d’avance … et en liquide !
Alors, je songe à ces millions de femmes qui dans le monde d'aujourd'hui demeurent soumises à la férule paternelle, maritale, fraternelle, qui militent, se font tabasser, sont emprisonnées, en meurent. Mais qu’est-ce qui, chez les femmes, leur fait autant peur, à ces hommes ?
Ma génération, celle des babyboomeuses, a réussi à conquérir cette liberté, appuyées par des hommes de progrès qui n’étaient pas effrayés par la gent féminine. Il est certain que ce rééquilibrage femmes/hommes heurte bien des positions acquises, mais c’est pour une plus grande efficacité dans la société toute entière.
Et continuons de soutenir toutes celles qui, au péril de leur vie, luttent pour obtenir leur liberté.