Pour en finir avec l'ignorance économique des Français
Le 11 septembre dernier (date funeste s’il en est !), Les Echos publiaient un sondage Ifop selon lequel seuls 25% des français savaient que l’Union Européenne finançait des projets en France … et il apparait aussi que la plus grande majorité de ceux à qui on demande de calculer combien d’Euros ils obtiendraient après avoir placé pendant un an la somme de 100€ à 2% sont incapables de donner la réponse correcte, à savoir 102€ …
Cela laisse rêveur car, du temps de ma maman qui avait passé son Certificat d’Etudes en 1925, ce genre de question trouvait immédiatement sa réponse. Car l’ignorance "crasse" des faits économiques les plus basiques, même chez des strates de la population a priori bien éduquées, est en grande partie responsable du sentiment de peur de l’avenir et d’immobilisme, voire de révolte et à tout le moins de résistance au changement.
A ce propos, j’ai un souvenir encore brûlant, qui date pourtant de l’année 1964 : lorsque j’ai intégré l’Institut d’Etudes Politiques, tout juste sortie de mes études dans un lycée des arrondissements périphériques, j’ai découvert les rudiments de la science économique avec le cours magistral du professeur Raymond Barre. J’en fus bouleversée : une découverte passionnante et – en même temps - une révolte. Personne, jusque-là, ne m’avait enseigné cette discipline. Sauf, furtivement, lorsque le programme d’histoire, ma passion, avait abordé la crise de 1929 et ses conséquences mondiales (réparations dues par l’Allemagne de Weimar, inflation galopante, avènement du nazisme et déclenchement de la guerre).
Des notions aussi simples comme le multiplicateur d’investissement, la théorie des cycles économiques …. Rien qui ne soit accessible à des élèves de Terminale sensés intégrer des études supérieures. Pourquoi une telle omerta sur des notions qui permettent à un jeune citoyen de comprendre le monde ? La réponse est dans l’idéologie dominante dans notre pays, tiraillée – encore aujourd’hui - entre marxisme et jacobinisme.
Ainsi les Français, dans leur grande majorité, ont appris à mépriser les rouages de l’économie … Le mouvement de rejet du libéralisme, qui jette quelques milliers de personnes le plus souvent sincères dans la rue ces jours-ci, s’explique donc aisément. Car cette ignorance est largement le résultat de la faiblesse de l'instruction publique mais aussi des médias façonnant l’information, influencées par l’omniprésence d’instituts de réflexion largement subventionnés par l’Etat. Et ainsi ressurgit la tentation du colbertisme, sans doute efficace au temps de Colbert mais largement dépassé aujourd’hui.
Hélas, nous constatons que des solutions aussi inefficaces les unes que les autres ont été proposées par les gouvernements successifs – de droite comme de gauche – pour endiguer le fléau de notre pays : le chômage. Toutes les recettes étaient basées sur plus d’impôts, plus de fonctionnaires, plus de réglementation, plus de bureaucratie. On en a constaté la faillite, qui cause le désespoir des victimes et aussi, hélas, la facilité avec laquelle les Français gobent les bobards économiques les plus creux ou les plus loufoques (comme le revenu universel, entre autres ...). Ils en ont perdu toute confiance, se laissent manipuler alors qu’il serait si simple de les informer objectivement.
Il nous faudrait un conteur passionnant et populaire, comme le fut jadis Pierre Bellemare, pour raconter les phénomènes économiques et expliquer comment sont investies les sommes prélevées par les impôts, pourquoi et surtout comment maîtriser le poids de la dette nationale, comment desserrer le carcan des règlements permet de doper la croissance, réorienter la dépense publique vers des domaines stratégiques et non la saupoudrer au gré de lobbies hyperactifs … Cela permettrait à chacun de comprendre en quel monde il vit et de ne pas céder aux sirènes de dirigeants politiques aussi ignares que de mauvaise foi …
J’apprécie les émissions « grand public » comme « Secrets d’histoire » … Ne pourrait-on pas lancer une série de « Secrets de l’économie » ? A qui confier la présentation d'un tel programme ? Je propose Axel de Tarlé ou Philippe Dessertine ...




