Massacres au nom de la religion : rien appris, rien oublié !
Siècles après siècles, les massacres confessionnels se ressemblent. L’intolérance n’est pas nouvelle hélas …
Dans la touffeur de la fin du mois d’août, quelques jours à peine après les festivités du mariage princier de Marguerite et Henri – souvenons-nous de l’extraordinaire scène du film de Patrice Chéreau « La Reine Margot » - le tocsin de l’église Saint Germain l’Auxerrois sonne le début d’une tuerie abominable. Au cours des semaines qui suivent ce coup d’envoi, en ce jour de la Saint Barthélémy 1572, on dénombrera dans tout le pays 30000 victimes protestantes, tombées sous les coups des catholiques … chrétiens irréconciliables.
Depuis la Paix de Saint-Germain de 1570, les puissances étrangères s’interrogent sur le devenir de la France qui a fait le choix exceptionnel de reconnaître deux religions dans un même espace politique. Car dans l’Empire, par exemple, le compromis de 1555 fait de la religion du Prince la religion officielle de ses sujets.
Cette journée de tueries, prolongée jusqu’en octobre dans certaines provinces, recouvre cependant deux massacres : celui des huguenots de guerre, présenté comme une mesure politique nécessaire pour éviter la reprise des troubles civils et souhaité par la monarchie et celui accompli par la populace, que Charles IX n’approuvera jamais. Mais le roi n’a pas la force nécessaire pour le faire cesser … et il en assumera l’entière responsabilité.
Si la Saint Barthélémy clôt en France le cycle des massacres confessionnels, elle n’a pas, à la grande déception des catholiques, éradiqué la religion réformée – j’allais dire « Dieu merci ! » - et ce, malgré les victimes, les exils et les abjurations forcées.
Souvenons-nous aujourd’hui de ce qui se passa dans notre doux pays de France, en référence de tous les massacres perpétrés au cours des siècles suivants au nom de la religion, quelle qu’elle soit …
A lire, dans « Histoire mondiale de la France », le chapitre consacré à cet événement par Philippe Hamon (p. 282).

