Un clou chasse l'autre
L’avantage, avec ma fracture, c’est que ce nouvel avatar occulte les autres ennuis. Ainsi, au lieu de passer mon temps à guetter et écouter si mon cœur s’emballe ou s’arrête, je mets toute mon ingéniosité à placer un pied devant l’autre, ce qui est loin d’être évident. Dès que je quitte la position « à plat », la douleur vrille. Et le médecin orthopédiste m’a recommandé de marcher pour assurer la circulation du sang en retour. Donc je vaque dans l’appartement, sans pouvoir toutefois faire grand-chose le matin car je ne me sens pas du tout vaillante. L’après-midi, c’est mieux. Et puis, la routine a du bon. Je régresse intellectuellement en regardant des séries policières : c’est ma façon de résister aux coups du sort