Sadorski et l'ange du péché, polar historique de Romain Slocombe
/image%2F1371293%2F20251215%2Fob_0f7861_sadorski-et-l-ange-du-peche.jpg)
Sur les huit romans déjà parus qui mettent en scène l’inspecteur Principal Adjoint (IPA) Léon Sadorski, il me manquait cet épisode qui se déroule en mars 1943 et se situe entre « L’étoile jaune de l'inspecteur Sadorski » et « La Gestapo Sadorski ».
Tel qu’il se présente lui-même : « Sadorski est un policier de métier et de vocation ». Il n’aime pas les gens, c’est le décor où ils évoluent, leurs activités, leurs qui l’intéressent.
La guerre – ou les guerres – et ses convictions l’ont hélas façonné comme un ignoble salaud. Collabo, antisémite, voleur, violeur, assassin à l’occasion. Sauf que, de temps en temps, surtout au contact d’une jolie ou très jeune femme, il lui vient des indulgences … jamais gratuites.
Si on ne commençait pas par les dernières pages du livre qui listent les sources documentaires des récits insérés dans cette autre chronique sanglante de la vie des Français sous l’occupation, on ne croirait pas une ligne de ces témoignages.
Car tout est vrai : les descriptions détaillées des persécutions contre les Juifs : l'humiliation et la haine, la ségrégation, la violence vis-à-vis des enfants, les rassemblements avant le départ, la vie à Drancy, la sélection sur la rampe des camps, la Shoah par balles, l’extermination à échelle industrielle d’abord par émanations de gaz d’échappement de camions puis l'extermination à échelle industrielle avec le Zyclon B …
On a du mal à imaginer – même aujourd’hui - l’étendue du mépris largement partagé par une population abreuvée d’une propagande maléfique, la haine de certains – et pas seulement des nazis … Une citation de Céline en donne un aperçu à peine croyable.
Ce roman historique largement documenté constitue un catalogue non raisonné des horreurs des persécutions durant cette guerre alors même qu’elle est à un tournant (après Stalingrad). Même les plus convaincus des collabos se demandent si l’Allemagne ne va pas, en fin de compte, la perdre … ce qui incite certains des collaborateurs les plus zélés à prendre des gages pour sauver leur peau … après.
En fait, quand je vois que des éducateurs ont tondu à blanc un enfant de huit ans, je me dis que rien n’arrête le sadisme de certaines personnes.
Une telle lecture aura-t-elle une vertu cathartique pour les jeunes lecteurs ignorants de ces événements terribles survenus il n’y a pourtant pas si longtemps ? Même pour moi qui ai largement étudié cette période – pendant laquelle mes parents ont vécu – ce rappel est terriblement éprouvant.
Sadorski et l’ange du péché, polar historique de Romain Slocombe, édité chez Points (Robert Laffont 1978), 663 p., 10,20€