Célébrons le printemps !
C'est lorsque j'aperçois la porte de ma "petite maison" ouverte que je sens que nous avons bien commencé notre séjour !
Cela signifie que la bibliothèque est en cours de rangement (c'est à dire "bourrage" après l'apport des lectures parisiennes), qu'une lessive est en marche, que le soleil y pénétrant, un peu timide encore, va commencer à en chasser l'humidité des six mois d'hiver où cette maison, la plus ancienne de notre tenure, est restée sans aucun chauffage.
Cette maison à demi enterrée est à l'origine de la ferme juchée en haut de la colline qui surplombe la Lémance : un linteau porte gravée la date de sa construction : 1765.
Ensuite, les paysans qui avaient choisi ce site ont bâti des bergeries et une haute grange qui constitue à présent notre maison d'habitation. A la fin du XIXème siècle, une troisième maison a complété le dispositif, sans doute plus confortable.
Au XXème siècle, ses propriétaires précédents - des hollandais puis des dano-britanniques - ont agrandi la maison pour disposer d'une salle de bains, et creusé une grande piscine. Quand nous avons emménagé, au printemps 1989, nous n'avons rien changé dans l'agencement de ce qui est devenu la maison de toute la famille.
Tout est en pierre blonde du pays. Il n'y a pas de crépi ni d'enduit à l'intérieur. Une passoire thermique, mais une garantie contre l'odeur de moisi car la ventilation se fait naturellement et l'isolation fonctionne dans les deux sens, assurant une différence de 10° entre l'intérieur et l'extérieur, été comme hiver.
Dans le jardin largement en friche à part la pelouse, les bourgeons commencent à pointer le bout de leur nez, mais c'est toujours le forthytia qui ouvre le bal.
Ce matin, j'ai entendu les oiseaux ... Comme nous n'employons aucun pesticide depuis plus de 20 ans, les abeilles vont s'affairer à faire leur miel des fleurs, les oiseaux à picorer les fruits du verger, comme chaque année.
Et, chaque année, nous allons guetter la présence de la petite harde de chevreuils qui hante nos taillis et vient se régaler des pommes tombées au pied du pommier sauvage qui s'est mis à pousser tout seul - un trognon lancé dans le jardin peut-être ?




