Tessin, un Suédois à Paris - exposition au Louvre
Quelle chance de pouvoir visiter, en l'espace d'une même semaine, les collections de deux éminents amateurs d'art français, à deux siècles d'intervalle, Carl Gustaf Tessin (1695 - 1770) et Sergeï Chtchoukine* (1854 - 1936) !

Bien évidemment, l'exposition Tessin est moins spectaculaire.
Il n'empêche que les destins de ces deux amateurs de peintures éclairés sont étrangement parallèles. Tessin s'est ruiné en achats de dessins et de peintures choisies avec passion et une nette prédilection pour les artistes français du XVIIIème siècle, mais aussi les grands maîtres de la Renaissance italienne et allemande, avant que ses acquisitions ne soient rachetées par la couronne de Suède.
Pour l'industriel du textile russe russe, c'est la révolution de 1917 qui le chasse de son pays et ses extraordinaires peintures sont nationalisées par le nouveau pouvoir.
Tessin est envoyé à Paris par la couronne de Suède de 1739 à 1742. S'il n'en a pas le titre, il assume le rôle d'un ambassadeur. Il y fréquente les milieux artistiques et ouvre son salon aux gens de lettres et aux collectionneurs d'art. Il passe des commandes et fait exposer au Salon les oeuvres de François Boucher (extraordinaire "Triomphe de Vénus"), Chardin, Jean-Baptite Oudry, achète en bloc la collection Crozat en 1741, fréquente le marchand Gersaint qui lui vend un Rembrandt.
A voir de près - il n'y a pas trop de monde - de merveilleux dessins des plus grands artistes italiens comme Le Titien, Hannibal Carrache, un merveilleux portrait d'Albrecht Dürer ... et puis la reconstitution du cabinet de travail de l'épouse aimée Ulla dans son chateau d'Äkerö, face à son superbe portrait par Nattier (mais avec peu de bleu !).
Une belle exposition inaugurée par la reine Silvia de Suède en personne, et, si vous regardez sa tenue en détail, elle porte comme sac à main un Kelly d'Hermès, et bien culotté !
* j'en parlerai plus tard, j'ai besoin de temps pour la "digérer" ...
Un Suédois à Paris au XVIIIème siècle, la collection Tessin au musée du Louvre (rotonde Sully) jusqu'au 16 janvier.







