Infarctus : pour nous aussi, les femmes !
Je suis restée scotchée, hier soir, sur la soirée THEMA d'ARTE, centrée sur les accidents cardio-vasculaires. J'y ai appris plein de trucs assez flippants, mais aussi découvert des espoirs de survie à long terme qui me confortent dans mon sentiment que l'on vit dans un monde fantastique. Un coup de coeur pour ainsi dire !
"Dans sa structure et sa façon de fonctionner, notre
système cardiovasculaire (...) est adapté au mode de l’homme il y a 20 000 ans, quand, avant de se sédentariser, il
parcourait tous les jours entre douze et quinze kilomètres, grimpant
aux arbres, retournant les pierres pour déterrer des racines. À
l’époque, on ne trouvait pas d’aliments énergétiques en bordure de
chemin, la nourriture n’était pas surabondante.
Mais pourquoi
certaines familles sont plus prédisposées que d’autres à l’infarctus ?
Existe-t-il des maladies cardiaques spécifiques aux hommes ou aux femmes
? Pourquoi, chez l’homme, le muscle cardiaque se régénère-t-il si mal ?
Les
chercheurs du projet européen Cardiogenics tentent depuis 2007 de mieux
comprendre le rôle joué par l’hérédité. Pour Nilesh J. Samani, de
l’université de Leicester, les premiers résultats permettent enfin de
développer des thérapies préventives pour les maladies cardiaques
d’origine génétique.
Pendant longtemps, on a considéré que
l’infarctus était une maladie réservée aux hommes mais on sait
maintenant qu’il peut aussi toucher les femmes. Elles en sont de plus en
plus souvent victimes, et leur taux de mortalité est désormais plus
élevé que chez les hommes. Un signal d’alarme pour le professeur Modena. Parallèlement,
les recherches continuent sur de nouvelles méthodes de traitement : les
stents, petit treillis métalliques qui maintiennent la lumière du
vaisseau, font l’objet d’études depuis assez longtemps. L’actuelle
génération de stents est à l’origine de thromboses, on recherche des
alternatives. Thierry Lefèvre, avec des cardiologues néozélandais,
étudie le potentiel des stents biodégradables ; et comme il est de
nature optimiste, il pense que de nouveaux stents résorbables pourront
être posés dès 2015.
Lorsqu’un patient victime d’un infarctus
n’est pas traité assez vite, il y a nécrose du myocarde. Des
scientifiques du Max-Planck-Institut se penchent à Bad Nauheim sur ce
problème, l’un des plus importants en cardiologie. Comment induire la
régénération du tissu cardiaque ? Les dispositions phénoménales du
triton peuvent-elles être transposées à l’homme ? D’autres
chercheurs choisissent une voie différente : réparer le tissu abimé. Au
département de chirurgie cardiaque du CHU de Rostock, Gustav Steinhoff
et son équipe utilisent des cellules souches du patient pour faire
repousser le tissu cardiaque.
Sur le campus Kerckhoff de Bad
Nauheim, Jochen Jordan traite des patients victimes d’infarctus. Selon
les chercheurs, le stress, l’excitation favorisent les maladies
cardiovasculaires. On sait aussi qu’après un infarctus, près de 40
pourcent des patients souffrent de graves problèmes psychiques. Un
infarctus, postule le professeur Jordan « est une césure dans la vie de
beaucoup d’entre eux. Pour eux, rien ne sera plus comme avant ».
Un programme angoissant - parce qu'il est tout à fait exact qu'une fois qu'on a traversé cette épreuve, rien n'est plus comme avant, mais qui m'incite tout de même à continuer de rester attentive à tout ce que je mange, et qui m'est parfois tout à fait déconseillé...et à marcher davantage, ce qui ne m'est pas naturel, il faut bien le dire......
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Mieux vaut prévenir que guérir
Documentaire de Matthias Hoferichter
ARTE / ZDF, Allemagne, 2010, 52mn