Bigmammy en ligne
Bigmammy en ligne
Bigmammy en ligne

Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 6 petits-enfants.
Voir le profil de Bigmammy sur le portail Canalblog

Newsletter
Archives
Derniers commentaires
6 janvier 2008

Retour sur la dernière panique

samuJ’avais promis de raconter mes aventures du 28 décembre. Je m’exécute. En fait je récupérai tout doucement, chaque jour un peu mieux, me semblait-il. Ce jour là, nous avions eu le projet – naïf – d’aller voir l’exposition Hodler au Musée d’Orsay. Nous avons donc pris le 83, mais avons vite constaté qu’il y avait une queue énorme et avons renoncé. Nous sommes donc revenus à pied à la maison, par la rue du Bac, le Bon Marché, la rue Saint-Placide….Rentrés à la maison, tout était calme. Vers cinq heures, je ressentais tout de même une douleur thoracique, mais rien à voir avec la force de celle qui avait conduit à mon hospitalisation. Je toussais aussi beaucoup, en songeant que ma crise d’asthme n’en finissait pas.

La nuit tombée, pas de changement, mais l’angoisse s’installe. Je me sens essoufflée, je dois m’appuyer sur deux oreillers….Une douleur me barre la partie gauche de la poitrine, entre le creux du bras et le sternum. Pas très violente, mais permanente. La toux s’intensifie, avec beaucoup d’expectorations. Vers une heure du matin, je demande à Claude d’appeler à nouveau le SAMU qui m’interroge, puis décide de venir vérifier sur place. Rebelotte. Une cardiologue aux longs cheveux noirs m’installe un ECG, on fait une analyse de sang…Selon elle, il n’y a rien de différent au tracé de l’ECG de référence mais, à cause de mes récents antécédents, elle décide de m’emmener à Cochin pour une vérification. Elle me dit que je serai vraisemblablement ressortie demain matin.

On m’installe dans le fauteuil roulant – pas de place pour un brancard dans notre cage d’escalier – on commence la descente vers l’ambulance. On me met sur le nez un masque à oxygène, que je repousse car je ne parviens pas à respirer. On me dit « mais si, mais si, cela ne peut que vous aider » tandis que j’étouffais littéralement, essayant d’arracher le masque. Je ne me suis pas bien rendue compte du trajet, mais j’ai perçu que l’on me transférait en salle d’urgence, et là, tout s’est emballé : mon cœur, ma tension, mes poumons s’emplissant d’eau au lieu d’air. A un moment, je me souviens d’un « clap » de fin : comme un rideau de garage brusquement fermé, ou plutôt à la vitesse d’un obturateur d’appareil photo réflex, le noir complet puis plus rien.

M’a-t-on endormie afin de pouvoir m’intuber ? Ai-je fait un arrêt respiratoire et/ou cardiaque ? Je me suis retrouvée 36 heures plus tard avec trois tuyaux sortant de la bouche, sous respiration largement assistée, avec les regards bienveillants de Claude et Anne-Christine qui me disent « on est samedi, tu as fait un œdème pulmonaire, tu vas bien ». Quelques heures plus tard dans la soirée, on m’enlevait les tubes en me laissant sous oxygène, le larynx complètement endolori. J’ai eu droit aussi à une heure de ventilation forcée, sous masque étanche…cela ne doit pas être drôle d’être cosmonaute…..

Deux infirmiers – Daniel et Harry - se préoccupaient à tout instant de moi et des machines auxquelles j’étais connectée, avec des perfusions partout, jusqu’à la veine du cou. Et puis, samedi vers minuit, on m’annonce que je vais être transférée à l’USICardiologie, là où j’avais été hospitalisée la première fois. On a besoin du lit……C’est ainsi qu’à deux heures du matin – la nuit n’existe pas à l’hôpital – j’ai été mise sur brancard avec toutes mes connexions et l’oxygène, puis roulée dehors jusqu’au pavillon idoine, retour chez le Professeur Weber. La nuit était calme, pleine d’étoiles, j’étais sous la couverture, ils ont fait le transfert au pas de course….le brancardier était le portrait en plus jeune de Mouhammar Khadafi..inoubliable. Je n’ai pas beaucoup dormi celle nuit-là, faut dire que j’avais eu mon compte de sommeil pendant environ trente heures…Je me souviens d’un long monologue de protestation d’une jeune femme qui se plaignait à très haute voix auprès de ses collègues d’avoir été mise à l’écart d’un repas de Noël. Etant donné sa hargne, j’ai vite compris pourquoi…mais fallait-il que tout le monde en profite ? Tous est sonore à l’hôpital, et rien n’est conçu pour éviter les bruits causés par le mouvement incessant des admissions en urgence, des alarmes des machines, des patients qui réclament et souvent, totalement désorientés, geignent, crient, arrachent leurs perfusions pour s’en aller……c’est inévitable.

Me voilà donc revenue à la case départ ; Pourquoi un œdème si tardif, quelle en est la cause ? L’équipe médicale avance des hypothèses : une thrombose de l’artère rénale ? Non, dit le scanner….Un spasme ? Peut-être. On va donc mettre une nouvelle couche de médicaments et voir ce que cela donne, au besoin en effectuant un test d’effort. En fait, je n’en sais pas plus. Pendant mon séjour, j’ai senti revenir à plusieurs reprises la douleur thoracique si particulière…des ECG ont été faits : rien n’indique qu’il s’agisse d’une douleur cardiaque. D’ailleurs je l’ai ressentie encore hier soir (re-panique) et un peu ce matin. Je vis donc suspendue aux réactions inopinées de mon corps….en me demandant à tout instant si je vais y retourner ou non. Il faut pourtant que j’en sorte, de ce damné trou gluant ! Mais je me dis aussi que cette douleur, qui m’a fait appeler le SAMU, même si elle n’était pas en elle-même génératrice de collapsus, a fait que l’œdème s’est déclaré alors que j’étais déjà en milieu hospitalier. Et dans cette hypothèse, j’aurai eu une sacré chance !

Commentaires
A
Chère Marie-Pierre<br /> <br /> Votre corps vous trahit mais votre esprit est toujours aussi alerte. Votre plume nous donne un bel exemple de la force de caractère qui est la votre. <br /> Je vous souhaite de retrouver rapidement votre santé pour profiter pleinement de tous les moment de bonheur en famille. Que 2008 vous offre la ZENitude.<br /> Recevez mes meilleures pensées positives.<br /> Amicalement, Annick
Répondre
M
Je vous souhaite un excellent retour à la maison, j'espère que pour vous 2008 sera une année paisible, ou les soucis de santé iront voir ailleurs. Vos récits sont toujours aussi passionants et j'admire votre force et votre courage, je comprends que vos filles soient si fières de leur maman...<br /> Bises et prenez soin de vous
Répondre
Pages
Visiteurs
Hier 1 272
Depuis la création 7 810 256