Menace sur Taïwan, thriller historique d'Alain Bauer et Miceal Beausang-O’Griafa #2
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Sitôt revenus de leur mission accomplie en Ukraine, les super-héros de la « dream team » de l’Agence Mozart sont envoyés à Taïwan, cette île au gouvernement démocratique qui affiche son indépendance au grand dam de son imposant voisin, la République Populaire de Chine.
Car la question n’est pas de savoir si la Chine de Xi s’emparera de Formose, mais quand.
Cependant, la résistance acharnée de l’Ukraine face au géant russe donne à réfléchir. La stratégie du porc-épic, la résistance du faible au fort se résume à deux principes : « Si vis pacem para bellum » selon les Romains, ou, selon l’Art de la guerre de Sun Tzu « Parvenir à battre son adversaire sans avoir l’avoir affronté est la meilleure conduite. » Les deux adversaires en sont parfaitement conscients.
Les membres de l’équipe réunie autour de Jack Baggelson vont œuvrer pour analyser si les dispositifs de défense de Taïwan sont assez affutés pour réagir à temps à une invasion et résister à l’agression, et déceler les éléments d’une « cinquième colonne » ou de toute taupe infiltrée prête à soutenir un assaut ennemi, moyennant des subsides.
Entrent dans leur viseur, entre autres, les triades dont certaines sont dévouées à la Chine continentale. Sauf que le chef de l’agence, de par sa longue carrière, a rencontré une foule de dirigeants politiques, ou occultes. C’est très utile …
Une nouvelle occasion pour le lecteur, entre deux combats particulièrement spectaculaires, de comprendre le substrat géopolitique de la région et du projet de « réunification » de l’île par la Chine de Xi qui ne supporte pas cette « épine » démocratique dans son pied.
Des constantes dans ce second épisode : l’omniprésence de « taupes », l’importance de la surveillance technologique et des apports du renseignement, l’omniprésence de la désinformation, mais aussi la solidité du patriotisme et de préparation des populations à une catastrophe – naturelle ou guerrière – la vulnérabilité des réseaux de communication. Là comme partout ailleurs.
Mon ressenti après ces deux premiers opus : la mise en valeur accentuée des femmes, un zeste de scènes de sexe (pour les jeunes lecteurs masculins), une explication claire du contexte historico-politique), des références visuelles qui parlent aux spectateurs des films d’action.
Une tendance accentuée dans ce deuxième épisode : une intrigue qui rappelle la dynamique des bandes dessinées, mais cela n'est sans doute pas dû au hasard.
Une façon, pour un spécialiste de la question, de se rappeler l’œuvre de Ian Fleming ? Mais lui a disparu à 56 ans alors que l’auteur – et son double Jack – en a déjà 63 !
Menace sur Taïwan, épisode 2 - thriller historique d’espionnage d’Alain Bauer avec Miceal Beausang-O’Griafa, éditions First, 304 p., 8 ,90€