Sang d'encre à Marrakech, polar historique de Melvina Mestre
Essai transformé !
Je continue mon « trip » de romans historiques marocains. La deuxième enquête de la détective privée Gabrielle Kaplan se situe en 1952, entre Casablanca et Marrakech.
Kaplan a été sollicitée - parce qu’elle est une femme - par le commissaire Renaud pour rassembler des informations sur une série de meurtres étranges : des cadavres dénudés, retrouvés bien en vue aux pieds d’édifices évoquant clairement la puissance de la France, et portant sur le ventre un tatouage identique d’origine berbère : deux prostituées, un médecin, la mère supérieure d’un orphelinat de jeunes filles, un policier … Pour les autorités, il importe que ces crimes ne transpirent pas dans la Presse locale.
Secondée par son adjoint Brahim, ancien capitaine des troupes qui ont combattu vaillamment à Cassino, Gabrielle Kaplan est sans doute plus apte que quiconque pour enquêter sur les lieux de prostitution de Casa et, en particulier le « quartier réservé », Bouzbir.
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Elle va y découvrir l’étendue de la misère de ces jeunes filles et femmes, orphelines, femmes répudiées, tombées dans le dénuement et rabattues par des intermédiaires et bouclées sans pouvoir sortir sauf à heures réglementées de cette sorte de village d’esclaves sexuelles, signalé cependant comme attraction locale dans certains guides touristiques.
Toujours le même mode opératoire, la même signature, mais quel élément commun à ces victimes ? Une piste conduit Kaplan à Marrakech où elle va bénéficier d’informations de la part de son amie chroniqueuse mondaine Yvonne, qui a ses entrées partout.
Une longue investigation qui va la conduire, sur un infime détail, au plus près du « Tatoueur », au risque de sa vie.
Au-delà de la construction implacable de l’intrigue, j’apprécie à nouveau la description du contexte historique de ce nouvel épisode. Ce Maroc des années qui précèdent l’indépendance, où l’on perçoit à la fois les investissements immobiliers réalisés par la France, la présence sous-jacente des Américains, le rôle politique joué par le tout puissant Pacha de Marrakech El Glaoui, le mépris non dissimulé des européens envers les autochtones, les répercussions des événements si proches de l’après-guerre.
Mes parents avaient regagné la Métropole en 1944, mais avaient vécu dans ces paysages magnifiques les premières années de leur mariage. Ma sœur aînée est née à Casa une année avant l’une des malheureuses héroïnes de ce roman … J’ai visité à plusieurs reprises ce pays magnifique.
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Vite, vite, je vais me repaître bientôt du troisième épisode publié depuis quelques jours !
Sang d’encre à Marrakech, polar historique de Melvina Mestre, publié chez Points, 216 p., 12,90€