Bons baisers de Tanger, polar historique de Melvina Mestre
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Avant d'entamer cette troisième enquête de Gabrielle Kaplan, mieux vaut se remémorer le statut particulier de l’enclave de Tanger en cette année 1952, quatre années avant l’indépendance du Maroc.
Je cite Wikipédia : Bien que demeurant sous la souveraineté du sultan du Maroc, la zone internationale de Tanger était depuis 1925 sous administration conjointe de la France, de l'Espagne, du Royaume uni, du Portugal, de la Belgique, des Pays Bas, de la Suède et des Etats-Unis. Le sultan était représenté par un mendoub qui faisait fonction de pacha et présidait l'Assemblée internationale. Des tribunaux mixtes rendaient la justice. (…) Ville internationale, les langues officielles et administratives du territoire étaient l'arabe (langue locale et indigène, parlée par l'essentiel de la population), le français, l'anglais, et l'espagnol.
Une zone grise donc, où prospèrent sans contraintes les arnaques de tous style, les espions de toutes obédiences, les trafiquants (cigarettes américaines, devises, drogue, armes, sociétés fictives, compagnies d'assurances, prostitution …), les ex-collabos recyclés dans la pègre les derniers mois de la Résistance … et où magouillent toutes les mafias de la planète …
L’intrépide détective Gabrielle Kaplan est missionnée par les services secrets français pour enquêter sur la disparition soudaine d’un de leurs agents dont on craint que la couverture n’ait été découverte. Elle va devoir se muer en épouse inquiète et tenter de recueillir le plus grand nombre possible d’informations sur un caïd corse, Jo Renucci et ses acolytes, qui est sur le point d’étendre ses activités de trafic entre Naples et Marseille avec le Maroc comme base arrière.
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La voilà donc étiquetée HC – honorable correspondant - transformée en jeune provinciale à robe fleurie, sac à mains et lunettes, elle qui ne s’habille qu’en saharienne multipoches et souliers plats, et conduite à fréquenter un restaurant tenu par une ex-maquerelle jadis compagne de Carbone, l’ancien roi du milieu marseillais (avec Spirito), et pour objectif de s’en faire une amie, voire une protectrice.
Heureusement, elle a pu emmener avec elle son bras droit, Brahim, avec qui elle fait une parfaite équipe. Cependant, l’infiltration n’est pas de tout repos car d’autres « services » sont aussi sur la piste d’un gros coup que préparent les malfrats corses. Mais de quoi s’agit-il au juste : cigarettes, armes, héroïne …
Le risque pour Gabrielle est de « griller » sa couverture, finalement assez ténue. Or chacun sait qu’un agent découvert est un agent mort. C’est sans doute ce qui est arrivé à son pseudo époux, celui dont elle recherche la trace.
Un troisième épisode aussi passionnant que les deux premiers, avec les paysages sublimes des falaises qui surplombent la mer et les rivages espagnols tout proches, dans une petite ville prospère qui vit très bien de ces multiples trafics, et où tout le monde se rencontre sans cesse dans les mêmes lieux de plaisirs. Avec en prime, une claire explication des réseaux mafieux de l’époque … et sans doute encore de la nôtre.
Bons baisers de Tanger, polar historique de Melvina Mestre, chez Points, 236 p., 12,90€