Edmond et Jules de Goncourt, une notoriété pas si reluisante
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Tout le monde connait le succès et la valeur du prix décerné par l’Académie Goncourt …
En fidèle adoratrice de l’œuvre de Zola, retrouvant mention de leurs critiques dans la présentation du roman que je viens de commencer (La bête humaine), je me suis intéressée à cette fratrie qui égratignait le monde littéraire de la seconde moitié du XIXème siècle. Pas joli, joli, à vrai dire …
Journalistes, écrivains, collectionneurs d’objets d’art du XVIIIème siècle, tenant salon et surtout connus pour leur Journal écrit à quatre mains à partir de 1851, Edmond (1822-1896) et Jules (1830 – 1870) Huot de Goncourt nous ont livré une relation détaillée et le plus souvent cruelle du monde littéraire de leur temps.
Amis avec Flaubert, Alphonse Daudet, Zola, Maupassant, Théodore de Banville, Rodin, ils se montrent particulièrement sévères envers Balzac et Mallarmé, fréquentent aussi les marchands d’art asiatiques comme Cernuschi et Guimet, contribuent à développer le japonisme.
Leur plus grand succès est le roman « Germinie Lacerteux » publié en 1865 et adapté au théâtre. La préface à la première édition de ce livre considère le roman comme le premier manifeste du naturalisme, « qui envisage un roman s’appuyant sur les sciences physiologiques et humaines en plein essor, et portant sur le réel un regard neuf. » Le jeune Zola l’a admiré … on connaît la suite.
Issue de modeste et récente noblesse lorraine, leur famille a profité de la Révolution (qu’ils exècrent !) pour s’enrichir. Ils sont collectionneurs, brocanteurs, experts et surtout « grandes langues de vipères ». Fiers de leur supériorité sociale, craignant le peuple et le socialisme – Edmond se réjouira du massacre des communards – réactionnaires, médisants, misogynes et violemment antisémites, ils détestent la bien-pensance, les mémorialistes, les Juifs, entre autres.
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Jules meurt à 39 ans de la syphilis. Edmond, sans enfant, déshérite par testament ses neveux pour doter une Académie qui serait la rivale de l’Académie française.
Un cénacle de dix membres, officiellement fondé en 1903, est chargé de récompenser le meilleur ouvrage littéraire en prose publié dans l’année avec une pension annuelle de 6000 Francs pour chaque membre de l’académie et de 5000 Francs pour le lauréat, destinée à lui permettre de vivre de sa plume. Le premier lauréat en est John-Antoine Nau pour « La force ennemie ».
Aujourd’hui, le lauréat reçoit un chèque symbolique de 10€.
Et moi, je me souviens que lorsque j’avais 10 ans, mes parents avaient fait l’acquisition d’une série de livres, aux feuillets toujours non coupés, que j’ai récupérée en 2004 dans la bibliothèque de mon père, et que je n’ai jamais ouverts : le journal des Goncourt. Qui donc et pourquoi avait réussi à les convaincre de cet achat ???? de la lecture cet été en perspective.
Malgré l’éreintement que les frères Goncourt assénèrent à leur « ami » Emile Zola – qu’ils accusent d’avoir plagié leur Germinie Lacerteux - on lit toujours le créateur des Rougon-Macquart, devenu l’auteur emblématique du naturalisme …