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Journal de bord d'une grand-mère grande lectrice et avide de continuer à apprendre, de ses trois filles et de ses 6 petits-enfants.
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31 août 2024

Joies et douleurs du peuple libéré, par Henri Amouroux #8

Une courte période, mais tellement dense !

Le débarquement allié, tant attendu, s’accompagne de destructions massives et de combats sanglants. On doit signaler aussi l’étrange « Plan vert » déclenché par messages codés dans la nuit du 5 juin à la Résistance, visant à saboter le maximum de voies ferrées pour entraver la riposte des troupes allemandes. Le bilan de l’action des cheminots entre 1940 et 1947 est considérable : 8938 morts dont 1157 morts en déportation et 809 fusillés, 16000 blessés.

 

Les journées d’après le 6 juin sont aussi dramatiques : celles des grandes désillusions avec les retours des Allemands et leurs représailles sanglantes, ici décrites avec minutie : Tulle, Oradour, le Vercors, le mont Mouchet.

A Tulle, l’action est menée par Jacques Chapon, responsable FTP, mais à laquelle Georges Gingouin était hostile : 99 pendus et 101 morts en déportation.

En Normandie, on dénombre 120720 immeubles détruits, 92 252 logements, on ne connaîtra jamais le nombre de morts. Pour Le Havre, de 2500 à 3000, au total sans doute 50000 victimes. Et combien de drames inutiles comme à Saint Malo. Il suffit à un village d’être doté d’un pont de chemin de fer … Rouen, Caen, Lisieux, Falaise … sont pilonnées.

Vichy s’effondre dans l’indifférence mais pour les collaborationnistes, c’est la fuite en avant. Déat et de Brinon, poussés par un anticommunisme et un antigaullisme violents, demandent à leurs partisans de rejoindre les rangs de la Milice, cependant que Pétain adresse à Laval un violent réquisitoire contre celle-ci après les assassinats de Jean Zay et de Georges Mandel.

Les Miliciens sont attaqués, fuient, essaient de se regrouper, jusqu’au débarquement de Provence qui sonne le glas de toutes leurs espérances. Prisonnier d'Hitler, Pétain est forcé de quitter Vichy le 20 août.

Laval tente un complot désespéré de négociation avec les Allemands des conditions d’une évacuation du territoire et d’accueil des Américains pour faire barrage aux communistes.

 

Paris érige des barricades et se libère. Von Choltitz passe outre à l’ordre d’Hitler de détruire la ville et se rend. Le capitaine Dronne entre le premier dans Paris avec la compagnie « Nueve » de volontaires espagnols et trois chars : Montmirail, Champaubert et Romilly.

Mais même en août, la Gestapo s’échine à faire partir les derniers trains de déportés vers l’Allemagne.

 

Et pendant ce temps, de Gaulle, à la tête du Comité français de Libération nationale, devenu Gouvernement provisoire de la République, lutte contre le CNR qui lui conteste la légitimité … Pour lui, la Résistance, c’est désormais de l’Histoire, et elle doit s’intégrer dans la nation.

 

Ce huitième volume devait à l’origine être le dernier de la série d’Henri Amouroux. Il en écrira cependant deux autres, mais je les garde pour l’été prochain.

Je dois dire que cette lecture m’a tenue en haleine et particulièrement troublée devant les horreurs de ce conflit qui a déchiré le tissu politique français et dont nous percevons encore aujourd’hui toutes les réminiscences.

 

Joies et douleurs du peuple libéré, tome 8 de La grande histoire des Français sous l’occupation (6 juin – 1er septembre1944), par Henri Amouroux, chez Robert Laffont (1988), 780 p.

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